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Finalistes – Prix littéraire Trillium 2021

Joignez-vous à nous pour célébrer l’édition 2021 du Prix littéraire Trillium

Pour consulter la brochure sur les finalistes du Prix littéraire Trillium 2021, cliquez ici
Version française de la LAPHOEnglish AODA version is available.

Finalistes du Prix littéraire Trillium en langue française

Daniel Castillo Durante, Tango, Éditions L'Interligne

Souvent confrontés au malentendu, voire à l’opacité d’une société vouée à la rentabilité immédiate, les personnages des microfictions de Tango, en proie au déchirement d’un mal-être, prennent le chemin de l’exil, autant par-delà les frontières géographiques qu’en traversant des limites intérieures.

Dans ce nouveau livre sur le choc des cultures et le déracinement, Daniel Castillo Durante arpente des chemins de traverse pour offrir une lecture inédite du monde actuel.

Professeur de littérature française et comparée, écrivain et voyageur, Daniel Castillo Durante est l’auteur d’essais, de romans, de nouvelles et de microrécits qui lui ont valu plusieurs reconnaissances dont le prix Trillium en 2012.

Lien vers la maison d’édition : https://interligne.ca/auteurs-auteures/daniel-castillo-durante/tango/

Nicole V. Champeau, Niagara... la voie qui y mène, Éditions David

Dans cet ouvrage, à la fois personnel et solidement documenté, Nicole V. Champeau revient sur les rives du Saint-Laurent, ce « fleuve qu’ont remonté les explorateurs, découvreurs, missionnaires, militaires, aventuriers et tant d’autres passants inclassables ». À leur suite, elle entreprend de le remonter jusqu’à Niagara, « émue par l’histoire poignante de ce Haut Saint-Laurent et tout ce qu’on a pu saisir de françois dans cette section ontarienne, si souvent négligée, du fleuve ».

Sur un mode à la fois documentaire et poétique, elle cherche à reconstruire l’histoire et la géographie de ce lieu mythique qui, avant d’être la destination touristique qu’on connaît, a été un haut-lieu sacré pour les peuples des Premières Nations et, grâce à l’audace d’explorateurs comme Cavelier de la Salle, a déjà fait partie du patrimoine français.

Nicole V. Champeau est originaire de Cornwall, en Ontario. Le fleuve Saint- Laurent demeure le lieu de poésie qui a rythmé les saisons de son enfance et de son adolescence. Vers la fin des années soixante, elle quittera cette ville afin de poursuivre ses études à Ottawa où elle vit encore aujourd’hui. En 2009, elle remporte le Prix du Gouverneur général, catégorie Essai, pour son ouvrage Pointe Maligne, l’infiniment oubliée. Présence française dans le Haut-Saint-Laurent ontarien (Vermillon, 2009).

Lien vers la maison d’édition : https://editionsdavid.com/niagara-la-voie-qui-y-mene-de-nicole-champeau/

Charles-Étienne Ferland, Métamorphoses, Éditions L'Interligne

On l’attendait avec impatience : la suite du roman de science-fiction Dévorés ! Près d’un an s’est écoulé depuis la fin du monde tel qu’on le connaissait. Tandis qu’un centre de recherche à Toronto recrute des survivants pour rebâtir une civilisation, Jack quitte Montréal pour rejoindre Main Duck Island, où sa famille se serait réfugiée. Sur la route, de nombreux périls le guettent, comme une créature assoiffée de sang qui rôde autour d’une communauté sous un dôme. Jack parviendra-t-il à vaincre la bête et à s’enfuir ?

Récit apocalyptique sombre et haletant, Métamorphoses nous plonge dans un monde infernal rappelant la série Stranger Things et le jeu vidéo The Last of Us, où chacun agit pour sa survie.

Né à Montréal en 1992, Charles-Étienne Ferland est auteur, comédien, musicien et entomologiste. Il a publié deux romans et un recueil de nouvelles. Titulaire d’une maîtrise en écologie des insectes de l’Université de Guelph, il contribue au projet Bugdex du Musée d’histoire naturelle du Danemark.

Lien vers la maison d’édition : https://interligne.ca/auteurs-auteures/charles-etienne-ferland/metamorphoses/

Melchior Mbonimpa, Au sommet du Nanzerwé il s'est assis et il a pleuré, Éditions prise de parole

Poussé par un terrible secret, le jeune Mupagassi entraîne son frère Gassongati sur les chemins de l’exil, fuyant leur pays alors que celui-ci est à la veille d’être ravagé par la violence ethnique. Au camp de réfugiés situé quelque part en Afrique des Grands Lacs, chacun devra effectuer un choix déterminant : l’un embrassera la lutte armée dans un effort de reconquérir le pays d’origine, alors que l’autre, convaincu qu’il n’y a pas de retour possible, s’établira au Canada où il poursuivra ses études et fondera une famille. Pour lui, l’exil est définitif.

Mais les circonstances feront mentir les pronostics et les deux frères seront réunis, après plusieurs années, autour des négociations devant rétablir la paix dans leur pays tourmenté.

Dans ce récit contemporain aux accents universels, l’amitié, l’amour et la loyauté s’avéreront les derniers remparts d’un monde où le mal et la vertu n’ont ni camp ni parti.

Depuis près de vingt ans, Melchior Mbonimpa révèle ses talents de conteur et sa connaissance profonde des peuples de l’Afrique des Grands lacs. Dans ce septième roman, il explore un de ses thèmes de prédilection, le métissage des cultures, tout en édifiant une passerelle au-dessus de l’Atlantique en vue de concilier mémoire des origines africaines et réalité canadienne contemporaine.

Canadien d’origine burundaise, Melchior Mbonimpa est romancier et professeur titulaire au département des sciences religieuses à l’Université de Sudbury.

Ses sept romans explorent l’imaginaire africain et les métissages culturels issus de l’ouverture et de la mondialité. Plusieurs de ses œuvres ont été primées, notamment Le totem des Baranda (prix Jacqueline-Déry-Mochon), Les morts ne sont pas morts (prix Christine-Dimitriu-van-Saanen) et Le dernier roi faiseur de pluie (prix de littérature éclairée du Nord).

Lien vers la maison d’édition : https://www.prisedeparole.ca/titres-livre/?id=596

Danièle Vallée, Sept nuits dans la vie de Chérie, Éditions David

Clarisse, une couturière en apparence sans histoire, mène une existence bien tranquille quand Éva, une ambitieuse jeune comédienne, lui commande une robe extravagante pour un premier rôle dans une pièce très attendue, Sept nuits dans la vie de Chérie, où elle souhaite briller de tous ses feux.

Au fil des rencontres et des séances d’essayage, la relation entre les deux femmes devient de plus en plus intime et complice. D’abord amicale, puis exaltée, elle se complique à mesure qu’Éva multiplie les surprises et les guets-apens. Au cours des sept nuits qu’elle passera chez Éva, Clarisse découvrira qui se cache vraiment derrière la comédienne.

Inspirée de huit tableaux de l’artiste Suzon Demers, l’auteure et conteuse Danièle Vallée brode ici une intrigue déroutante, mettant en scène une prima donna fantasque, qui entraîne dans sa fougue une banale couturière dans une aventure tumultueuse et imprévisible.

Danièle Vallée vit à Ottawa depuis plus de trente ans et est une figure connue du domaine de la littérature, tant écrite qu’orale, ainsi que du domaine des arts de la scène. Elle a fait paraître dix livres et porte aussi ses textes à la scène en leur conférant une étonnante dimension artistique accentuée de musiques variées. Elle a donné plus de deux cents représentations publiques de ses spectacles sur diverses scènes canadiennes, de Winnipeg à Moncton en passant par Sudbury, Toronto, Ottawa et Montréal.

Lien vers la maison d’édition : https://editionsdavid.com/sept-nuits-dans-la-vie-de-cherie-de-daniele-vallee/

Finalistes du Prix du livre d’enfant Trillium

Marise Gasque, La Neva pour se retrouver, Éditions L'Interligne

Les vacances s’annoncent formidables pour Méganne, Sabrina et Larisa : Saint-Pétersbourg est une ville spectaculaire, et Dmitry, le père de Larisa, devient leur guide touristique. Les palais royaux, les musées et les festivités des nuits blanches fascinent Méganne, mais ce n’est rien en comparaison du beau Valery, dont les yeux promettent bien plus que de l’amitié.

Marise Gasque offre un récit riche, vivant, teinté des paysages et monuments caractéristiques de la Russie, qui émeut par sa description fine et tendre d’une adolescente en quête de soi.

Marise Gasque est traductrice et enseignante de littérature. Passionnée par les mots et les images, Marise a passé son enfance et son adolescence à lire et à écrire des poèmes et des nouvelles. La Neva pour se retrouver est son premier roman.

Lien vers la maison d’édition : https://interligne.ca/auteurs-auteures/marise-gasque/la-neva-pour-se-retrouver/

Micheline Marchand, Perdue au bord de la baie d'Hudson, Éditions David

Zoé, une adolescente, à la fois métisse et franco-ontarienne, est mal dans sa peau. Pour affronter ses démons et vaincre la culpabilité qui la tenaille, elle s’enfuit et se réfugie chez son cousin, Christophe, à Churchill au nord du Manitoba. Dans cet environnement glacial aux paysages envoûtants et à la nature sauvage peuplée d’ours polaires, elle va à la découverte d’elle-même. Accompagnée de son ami Ludo, un jeune Belge qui séjourne lui aussi là-bas, elle s’imprégnera de la riche histoire de Churchill et de celle de Thanadelthur, cette jeune héroïne du 18e siècle qui a risqué sa vie pour négocier la paix entre Dénés et Cris.

Micheline Marchand aborde ici, avec finesse, le sujet délicat de l’automutilation dans une histoire touchante où l’amitié, la résilience et la solidarité des habitants du Nord canadien mènent une jeune fille à l’acceptation d’elle-même.

Micheline Marchand habite Lafontaine, son village natal, à 160 km au nord de Toronto. Passionnée d’histoire, petite et grande, elle a publié des romans pour jeunes, un recueil de nouvelles littéraires ainsi que des textes historiques. Elle a aussi créé et rédigé des documents pour le domaine de l’éducation. Perdue au bord de la baie d’Hudson est son premier livre aux Éditions David.

Lien vers la maison d’édition : https://editionsdavid.com/livres/fiche-livre/?titre=perdue-au-bord-de-la-baie-d%27hudson&ISBN=9782895977230

Éric Mathieu, Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille, Éditions L'Interligne

Sur la station spatiale U+00B8, communément appelée « la Cédille », Félix et les autres enfants membres de l’équipage vivent sous l’autorité du capitaine Boudu, jusqu’au jour où tout bascule : un vaisseau spatial extraterrestre percute la Cédille.

Félix et le capitaine seront entraînés dans une folle aventure sur une lointaine planète, où Félix fera preuve d’un grand courage et découvrira, entre autres, une tour de Babel à l’envers et une pierre ancienne permettant de déchiffrer les langues…

Professeur à l’Université d’Ottawa, Éric Mathieu se passionne pour les langues. Avec son premier roman jeunesse, il crée un univers rocambolesque pour initier les enfants à la linguistique. Il est également l’auteur des romans Le goupil (2018) et Les suicidés d’Eau-Claire (2016).

Lien vers la maison d’édition : https://interligne.ca/auteurs-auteures/eric-mathieu/capitaine-boudu-et-les-enfants-de-la-cedille/

Finalistes du Prix de poésie Trillium en langue anglaise

Craig Davidson, Cascade, Knopf Canada

Non sans rappeler Stephen King, dont la richesse filmique des nouvelles a inspiré des longs métrages tels que Les Évadés ou Stand by Me (Compte sur moi), Craig Davidson laisse exploser son immense talent et son énergie cinétique dans ce recueil, qu’il révèle au travers d’une écriture viscérale, cristalline et tranchée, de sa perspicacité psychologique et de son humour attachant.

Plantés dans le décor de Niagara Falls, rebaptisée « Cataract City » dans l’imaginaire de l’auteur, les puissants récits de Cascade jettent un éclairage clair-obscur sur ce décor tout en nuances, spectral, morne et ensorcelé. Chacune des six pépites qui composent ce recueil darde une lumière singulière sur la famille et sa dynamique relationnelle : réchappée d’un accident de voiture, isolée en pleine campagne, une mère tente de sauver son nourrisson de l’hiver glacial. Placés dans un centre de détention pour mineurs, de faux jumeaux atteignent un dangereux point de non-retour qui met en péril leurs vies entremêlées. En pleine grossesse, une assistante sociale est renvoyée à sa maternité future lorsqu’une affaire de garde d’enfant prend un tournant funeste. Alors que sa propre sœur, en proie à la folie, se consume par sa fascination pour les flammes, un ex-soldat du feu au tempérament coriace se lance aux trousses d’un pyromane en série doué d’un certain génie de la mise en scène. Ces personnages marquants offrent un aperçu de la galerie de protagonistes qui donnent vie à ce recueil surprenant, le premier de l’auteur depuis Un goût de rouille et d’os, publié il y a 15 ans, qui a inspiré un long métrage sélectionné aux Golden Globes.

Craig Davidson a grandi non loin de Niagara Falls, dans la ville de St. Catharines, en Ontario. Il a précédemment publié quatre fictions littéraires, parmi lesquelles Un goût de rouille et d’os, dont l’adaptation cinématographique, De rouille et d’os, a été sélectionnée aux Golden Globes; le roman Cataract City  nommé pour le Prix Giller; et le roman The Saturday Night Ghost Club, finaliste du Rogers Writers’ Trust Fiction Prize. Le récit autobiographique Precious Cargo, dans lequel il raconte l’expérience qu’il a vécue alors qu’il était conducteur d’autobus scolaire pour des enfants ayant des besoins particuliers, est un succès de librairie et s’est hissé parmi les finalistes de Canada Reads. Craig Davidson vit à Toronto, avec sa compagne et leurs deux enfants.

Lien vers la maison d’édition : https://www.penguinrandomhouse.ca/books/625678/cascade-by-craig-davidson/9780735280120

Farzana Doctor, Seven, Dundurn Press

Lorsque Sharifa accompagne son mari en Inde en 2016 dans l’espoir de sauver son couple, elle espère en parallèle mener des recherches sur son arrière-arrière-grand-père, riche homme d’affaires et philanthrope. Ce n’est pas la brillante ascension sociale de son trisaïeul qui suscitera sa curiosité, mais le mystère qui entoure les quatre épouses de ce dernier, grandes oubliées des annales familiales. Sa quête la mènera à exhumer des secrets qu’elle était loin de soupçonner.

À son arrivée, Sharifa comprend que sa communauté religieuse, un monde impénétrable et traditionaliste, dans lequel personne ne se dérobe aux coutumes, est secouée par un profond séisme. Un groupe de féministes s’élève contre le rituel ancestral du khatna, qui n’est rien de moins à leurs yeux qu’une forme de mutilation génitale féminine. Alors que Sharifa cherche à se faire la conciliatrice d’un conflit qui oppose ses deux cousins préférés, la situation s’envenime et met à nu une réalité insoupçonnée, qui contraint Sharifa à prendre position.

Farzana Doctor est l’auteure de Stealing Nasreen, de All Inclusive et de Six Metres of Pavement, qui a été honoré aux Lambda Literary Awards et qui figure parmi les finalistes du Toronto Book Award. Elle vit à Toronto.

Lien vers la maison d’édition : https://www.dundurn.com/books_/t22117/a9781459746398-seven

Emma Donoghue, The Pull of the Stars, HarperCollins Publishers Ltd.

Dublin, 1918. Le lecteur est invité à plonger trois jours durant au cœur d’une maternité, au plus fort de la grippe espagnole. Un microcosme où l’on s’astreint au labeur, où se jouent les destins, où l’on côtoie la mort et où naissent des amours accidentels, par l’auteure des succès de librairie The Wonder et Room.

Dans une Irlande ravagée par la guerre et l’épidémie, Julia Power est infirmière dans un hôpital de centre-ville où les effectifs se font rares. Ici, les futures parturientes, frappées par cette grippe inconnue et dévastatrice, font quarantaine commune. Deux étrangères vont faire irruption dans l’univers ordonnancé de Julia – la docteure Kathleen Lynn, fugitive recherchée par la police, et Bridie Sweeney, jeune aide-bénévole.

Trois jours durant, dans cette petite salle où l’on oscille entre pénombre et effervescence, ces femmes bouleverseront de manière inattendue la destinée de l’autre. Elles perdront des patientes, emportées par cette effarante pandémie, mais elles accueilleront aussi des nouveau-nés dans ce monde effrayant. Sans jamais se départir de leur tendresse et de leur humanité, soignantes et mères parviennent à accomplir leur impossible destinée.

Dans The Pull of the Stars, Emma Donoghue parvient ici encore à trouver l’étincelle dans un univers de noirceur. Un nouveau classique du genre, où l’espoir et la rage de vivre déjouent tous les pronostics.

Née à Dublin en 1969, Emma Donoghue a d’abord émigré à Cambridge en Angleterre, où elle a passé huit années avant de s’établir dans la ville canadienne de London, en Ontario. Elle s’est illustrée par ses romans, dont certains remontent le temps (The Wonder, Slammerkin, Life Mask ou The Sealed Letter) et d’autres explorent le monde contemporain (Akin, Stir-Fry, Hood ou Landing). Son roman Room,qui a remporté un succès retentissant à l’international, a été désigné parmi les meilleurs livres de l’année 2020 par le New York Times et figure parmi les finalistes du Man Booker Prize, du Commonwealth Prize et de l’Orange Prize. Réalisé par Lenny Abrahamson, le long métrage tiré du livre, dont le scénario a été adapté par l’auteure, a été sélectionné dans quatre catégories aux Oscars.

Lien vers la maison d’édition : https://www.harpercollins.ca/pullofthestars/

A.F. Moritz, As Far As You Know, House of Anansi Press

Né sous la plume d’un des poètes majeurs de sa génération, ce nouveau recueil sonde les profondeurs de la beauté, de l’histoire, du sens des responsabilités et de l’amour.

As Far As You Know, vingtième recueil de poèmes composé par le célèbre poète A. F. Moritz, s’ouvre sur deux chapitres intitulés « Terrorisme » et « Poésie ». S’il se décompose en six mouvements, l’ouvrage, tourmenté, gravite néanmoins autour des relations antagonistes de ces deux forces motrices, les présente sous toutes leurs facettes, avant d’acter enfin qu’elles constituent à la fois le ferment indispensable et le dilemme de la vie humaine.

Bâtis sur une architecture chronologique, car rédigés avant et après la grave maladie du poète et son opération du cœur, en 2014, ces textes extraordinairement intuitifs éclairent le lecteur en le plongeant aux tréfonds des obsessions vivaces qui hantent leur auteur : beauté, impermanence, histoire, conscience et responsabilité sociales. Sans oublier la plus impérieuse : l’amour. D’une prose nécessairement tourmentée, mélancolique et fragile, As Far As You Know célèbre en un ultime refrain lancinant : « Tu vivras. »

A. F. Moritz est un des poètes lyriques les plus marquants et les plus admirés de sa génération. Son talent a été maintes fois honoré : il a obtenu une Bourse Guggenheim, il a été lauréat du prix de littérature décerné par l’American Academy and Institute of Arts and Letters et a obtenu le prix Griffin de poésie, le Bess Hokin Prize, ainsi qu’une bourse de la fondation Ingram Merrill. Il est le sixième poète officiel de la cité de Toronto.

Lien vers la maison d’édition : https://houseofanansi.com/products/as-far-as-you-know

Souvankham Thammavongsa, How to Pronounce Knife, McClelland & Stewart

Un jeune homme laque de vernis des ongles manucurés dans un institut de beauté du quartier. Une femme dépouille de leurs plumes des volailles dans une usine de transformation. Un père emballe des meubles destinés à décorer une maison qu’il n’aura jamais les moyens de s’offrir. Une mère au foyer apprend l’anglais en écoutant des feuilletons à l’eau de rose. Dans cette première œuvre de fiction remarquable, couronnée par le Prix Giller, Souvankham Thammavongsa fixe son regard sur ceux qui luttent jour après jour pour gagner leur vie, évoque leurs utopies, leurs échecs, leurs amours, leurs actes de résistance, et surtout, leur quête d’appartenance. Dans un style sobre et intime, empreint d’humanité et mâtiné d’un brin d’humour et d’ironie, elle brosse le portrait indélébile de ces enfants attentifs, de ces hommes brisés et de ces femmes affairées, des êtres suspendus entre cultures, langues et valeurs. Comme le dit l’un de ces personnages : « Nous n’aspirons qu’à une seule chose : vivre. » Et dans ces récits, ils y parviennent avec une intelligence et une force spectaculaires.

Une fille se retrouve complice involontaire de l’obsession croissante de sa mère pour Randy Travis, un chanteur de musique country. Un boxeur obtient une seconde chance et doit travailler dans le salon de manucure tenu par sa sœur. Une femme d’âge mûr voit s’écrouler toutes ses certitudes sur les interdits de l’amour lorsqu’elle entame une liaison avec son très jeune voisin. Un conducteur d’autobus scolaire doit décider du prix qu’il est prêt à payer pour se frayer une place dans la société. Et dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, l’amour inconditionnel que porte une jeune fille à son père transcende la barrière de la langue.

Tendre, sans complaisance et brutalement honnête, How to Pronounce Knife (Le k ne se prononce pas) assoit la légitimité de Souvankham Thammavongsa parmi les voix les plus puissantes de sa génération.

Les textes de Souvankham Thammavongsa sont parus dans The New Yorker, Harper’s, Granta, The Atlantic, The Paris Review, Ploughshares, Best American Non-Required Reading, The Journey Prize Stories et The O. Henry Prize Stories. Son premier livre de fiction, How to Pronounce Knife, a remporté le Prix Banque Scotia Giller en 2020, s’est hissé parmi les finalistes du National Book Critics Circle Award, du PEN America Open Book Award et du Danuta Gleed Award, et figure dans le classement 2020 des livres incontournables de Time. L’ouvrage compte également parmi les finalistes du Commonwealth Short Story Prize. Souvankham Thammavongsa est aussi l’auteure de quatre recueils de poésie : Light, qui a remporté le Prix de poésie Trillium, Found et Small Arguments, pour lequel elle a décroché le ReLit Award, et, plus récemment, Cluster. Née dans le camp de réfugiés laotiens de Nong Khai, en Thaïlande, elle a grandi et a suivi ses études à Toronto, où elle travaille à l’écriture de son premier roman.

Lien vers la maison d’édition : https://www.penguinrandomhouse.ca/books/602649/how-to-pronounce-knife-by-souvankham-thammavongsa/9780771094606

Finalistes du Prix de poésie Trillium en langue anglaise

Irfan Ali, Accretion, Brick Books

L’épopée de Layla et Majnun, immortalisée par le poète persan Nizami Ganjavi au 12e siècle, a été contée mille fois, explorée sous mille facettes. Encapsulée dans la trame de ce conte, au rythme des sonorités hip-hop, se dévoile l’histoire d’une famille immigrée qui lutte pour imposer une croyance ancestrale dans un nouveau contexte. Dans Accretion, Irfan Ali esquisse une fuite effrénée vers une infernale « folie furieuse.» Car Majnun, l’archétype de la littérature qui hante les pages d’Accretion, est aussi un qualificatif qui signifie « fou » en arabe. Fidèle à la tradition, Irfan Ali a ancré son œuvre dans les lieux où le soi n’est plus ce qu’il était autrefois; où, pour ne pas s’effacer à jamais, les décombres doivent être déblayés et l’âme doit, petit à petit, se frayer un chemin vers l’amour et l’espoir, assise sur les « fondations poussiéreuses de la mémoire. »

Dans Accretion, la contemporanéité de l’expression poétique rend hommage aux poèmes traditionnels. C’est un conte familier, empreint d’une singularité et d’une sincérité auxquelles seule la plume d’Irfan Ali pouvait donner vie.

Irfan Ali est un poète, essayiste, écrivain et enseignant. Son court recueil de poèmes, Who I Think About When I Think About You a été retenu parmi les finalistes du prix Bronwen Wallace for Emerging Writers 2015. Accretion est sa première œuvre intégrale. Irfan est né à Toronto, où il vit encore aujourd’hui.

Lien vers la maison d’édition : https://www.brickbooks.ca/books/accretion/

Jody Chan, sick, Black Lawrence Press

Jody Chan interroge : « avez-vous déjà surpris vos blessures intimes blotties dans un chant / composé par une autre personne? » À la fois instrument thérapeutique et musical, sick a révélé une délicatesse dont je n’avais pas conscience avant de lire ces poèmes et de comprendre leur « sobre magie. » La plume de Jody Chan ébauche un paysage dans lequel je me replonge pour me retrouver. Quelle chance nous avons d’être là et de pouvoir lire ces écrits qui nous invitent à la « bienveillance, et à ne plus nous soumettre à la peur ». Un présent merveilleux, inestimable.

—Yujane Chen

Attendez-vous à être surpris, émus à chaque phrase, chaque page de ce premier recueil, une entrée en scène magistrale — ici, l’histoire, la beauté, la violence et le deuil s’entrechoquent au fil des poèmes. Jody Chan accomplit un travail novateur et dépeint avec une minutie singulière l’universalité de la condition humaine. À lire, absolument.

—Erica Dawson

À travers sick, Jody Chan ausculte la thématique de la perte grâce à une prose impeccable et étourdissante, déroulant poème après poème une douce férocité. Dans ces pages, le vide devient force créatrice, tout y est si ténu – ce membre fantôme, dont la douleur concomitante est décrite avec une précision chirurgicale, dans les moindres nuances. Purement hypnotique. Si le deuil, ce « fantôme insatiable », et ses innombrables injonctions se font l’antienne de ce recueil, Jody Chan proclame, « ceci est une histoire d’amour ceci est une histoire d’amour ceci est une histoire d’amour. »

—Jay Ward

Jody Chan est une personne de lettres, architecte de sa communauté, adepte du tambour taiko, et thérapeute en devenir, et vit à Toronto. Responsable de la collection poésie auprès de la maison d’édition Hematopoeisis, Jody Chan a participé aux ateliers de la fondation VONA en 2017, est membre du collectif Winter Tangerine Workshops et a remporté le concours de poésie organisé par la revue Third Coast en 2018. Son premier livret de poèmes a été publié par Damaged Goods Press. Sélectionnés pour le Pushcart Prize, ses textes sont parus dans BOAAT, Looseleaf Magazine, Nat. Brut ou encore The Shade Journal. On peut les retrouver en ligne sur le site http://www.jodychan.com, ainsi que dans les librairies ou les parcs canins.

Lien vers la maison d’édition : https://blacklawrencepress.com/books/sick/

Canisia Lubrin, The Dyzgraphxst, McClelland & Stewart

Composé en sept actes, The Dyzgraphxst scrute la question de l’eccéité au travers de la voix de Jejune, omniprésente au fil des pages. Ce recueil polyvocal interroge encore et encore la question de l’appartenance en maniant une langue à la fois intime et universelle, dont l’influence s’étend par-delà les territoires, par-delà les générations. Dans un monde moderne, écorché par un fascisme capitaliste absolutiste, les nationalismes mortifères et les catastrophes climatiques, Jejune questionne : comment en suis-je arrivée à m’enraciner dans cette absence de reconnaissance. Ancrée dans l’héritage diasporique, dont elle s’inspire et qu’elle perpétue, Jejune développe : Je n’étais pas moi-même. Je ne suis pas moi-même. Mon moi a pris la forme d’une chose étrangère à ce que je suis.

Canisia Lubrin est écrivaine, directrice éditoriale et enseignante. Publiées dans plusieurs pays, ses œuvres sont parues dans de nombreuses anthologies et ont fait l’objet de traductions en français, en allemand, en italien et en espagnol. Son dernier recueil de poésie, The Dyzgraphxst a reçu l’OCM Bocas Prize for Caribbean Literature, a été sélectionné parmi les finalistes du Derek Walcott Prize for Poetry et du prix de poésie Griffin, et a été retenu en sélection préliminaire du Raymond Souster Award et du Pat Lowther Memorial Award. Son premier recueil de poèmes, Voodoo Hypothesis, figure parmi la liste des meilleurs ouvrages de poésie de CBC, a été présélectionné pour le Gerald Lampert Award et le Pat Lowther Memorial Award, et compte parmi les finalistes du prix Raymond Souster. La poétesse a été retenue parmi les finalistes du Toronto Book Award pour ses textes fictionnels publiés dans l’anthologie The Unpublished City: Vol 1 et a été présélectionnée à deux reprises au Journey Prize. En 2019, elle était écrivaine résidente à l’Université Queen’s, et a été désignée Writers’ Trust Rising Star en 2020. En 2021, elle a reçu le Windham-Campbell Prize. Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts en écriture créative de l’Université de Guelph. Sa première œuvre romanesque, Code Noir, est à paraître chez Knopf Canada.

Lien vers la maison d’édition : https://www.penguinrandomhouse.ca/books/611406/the-dyzgraphxst-by-canisia-lubrin/9780771048692