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Profil sectoriel – Livres

PROFIL – OCTOBRE 2021

Introduction

L’édition du livre au Canada est une industrie de 1,7 milliard de dollars, dont les deux tiers des recettes d’exploitation totales à l’échelle nationale proviennent de l’Ontario, soit 1,1 milliard de dollars. En Ontario, l’écosystème de l’édition de livres inclut de grandes maisons d’édition appartenant à des intérêts étrangers ainsi que de plus petites entreprises appartenant à des intérêts canadiens.

COVID-19 – mise à jour

  • Au début de la pandémie, la COVID-19 a donné lieu à des hausses sans précédent de la consommation de livres numériques. Au cours des deux premiers mois de confinement, la Bibliothèque publique de Toronto a enregistré une hausse de 33 % de l’utilisation des livres électroniques et des livres audio électroniques. Les options d’achat de livres audio se sont également améliorées, la société américaine Libro.fm s’étant implantée au Canada et s’étant associée à des libraires indépendants[1].
  • En raison de la pandémie de COVID-19, les ventes de livres imprimés au cours du premier semestre de 2020 ont été nettement inférieures à celles de la même période en 2019. Les ventes ont diminué de plus de 2,5 millions d’unités, et de plus de 63 millions de dollars. Toutefois, après un point bas au deuxième trimestre de 2020, le PIB engendré par le secteur du livre a commencé à remonter pendant le reste de l’année 2020[2].
  • Une enquête menée en octobre 2020 auprès des éditeurs de livres canadiens a montré que près de la moitié d’entre eux s’attendaient à une baisse d’au moins 40 % du chiffre d’affaires en 2020 par rapport à 2019, et que 10 % prévoyaient une perte de 60 % ou plus[3].
  • Les librairies indépendantes locales ont trouvé des moyens créatifs d’établir un lien avec les lecteurs et de stimuler les ventes pendant la pandémie, certaines d’entre elles signalant même une augmentation significative de leurs ventes. Parmi les exemples, citons les livraisons de vins et de livres du magasin The Bookshelf, à Guelph, ou le service d’abonnement et les clubs de lecture virtuels de Mabel’s Fables, à Toronto. Ces librairies indépendantes ont tendance à soutenir les éditeurs canadiens indépendants, et leur virage réussi a contribué à la reprise du secteur[4].

Taille de l’industrie et impact économique

Remarque : Les renseignements qui suivent concernant l’emploi, les revenus et le marché de consommation donnent un aperçu de l’activité dans l’industrie fondé sur les meilleures données disponibles. Bon nombre des chiffres correspondant aux éditeurs appartenant à des intérêts canadiens qui figurent dans ce profil incluent un nombre très limité de grandes entreprises dont les caractéristiques sont souvent très différentes de celles des petites et moyennes maisons d’édition. Tous les chiffres en dollars sont exprimés en devises canadiennes, sauf indication contraire.

Revenus et chiffres connexes

Remarque : Sauf indication contraire, les chiffres qui suivent incluent l’ensemble des maisons d’édition de livres du Canada, qu’elles appartiennent à des intérêts canadiens ou étrangers.

  • En 2018, l’industrie canadienne de l’édition du livre a généré des recettes d’exploitation de 1,7 milliard de dollars, soit une augmentation de 2 % par rapport à 2016. Les dépenses d’exploitation ont augmenté de 3,6 % pour atteindre 1,5 milliard de dollars, avec une marge opérationnelle de 7,6 %[5].
    • L’industrie de l’édition de livres de l’Ontario en a généré 1,1 milliard de dollars (67,2 %), soit une hausse de 0,07 % par rapport à 2016. Les dépenses d’exploitation ont atteint 1,05 milliard de dollars, avec une marge opérationnelle de 6,4 %[6].
Diagramme circulaire illustrant les revenus d’exploitation de l’édition de livres par province. L’Ontario représente environ les deux tiers du graphique, et le quart est occupé par le Québec. La moitié de la surface restante est constituée par la Colombie-Britannique, suivie de toutes les autres provinces et territoires réunis.
  • L’industrie canadienne de l’édition du livre a généré 971 millions de dollars de PIB en 2019, une baisse par rapport à 985 millions de dollars en 2018. De ces 971 millions de dollars, 759 millions de dollars sont attribuables au PIB généré en Ontario[7].
  • Sur les 772,1 millions de dollars générés par les ventes de livres en Ontario en 2018, 562,7 millions de dollars étaient attribuables aux ventes de livres imprimés qui ne sont pas sur Internet, 123,2 millions de dollars aux ventes en ligne de livres imprimés et 86,2 millions de dollars aux livres électroniques. Si le total des ventes a diminué, les ventes en ligne de livres imprimés et les ventes de livres électroniques ont toutes deux considérablement augmenté[8].
  • Au Canada, en 2019, les éditeurs ont généré en moyenne 84,5 % de leurs revenus grâce aux livres imprimés, 11,5 % grâce aux livres électroniques, 2 % grâce aux livres audio et 1 % grâce à d’autres sources[9].
  • Une partie importante de l’écosystème canadien de l’édition est constituée de petits éditeurs. Environ la moitié des éditeurs canadiens ont généré des revenus bruts inférieurs à 500 000 dollars en 2019, et 63 % ont réalisé des revenus bruts inférieurs à 1 million de dollars. Vingt-sept pour cent ont réalisé des revenus bruts compris entre 1 et 10 millions de dollars, et 10 % ont réalisé des revenus bruts supérieurs à 10 millions de dollars. On observe une migration vers l’édition de taille moyenne, contre 19 % en 2017[10].
  • En 2020, le marché canadien du livre était composé d’environ 53 millions d’unités vendues, pour une valeur totale de plus de 1,1 milliard de dollars[11].

Emploi et salaires

  • En 2019, l’industrie canadienne du livre a créé 9 756 emplois, soit une légère baisse par rapport aux 10 007 emplois de 2018. De ces emplois, 4 76 65140 (68 %) étaient basés en Ontario[12].
  • En 2018, les traitements, salaires, commissions et avantages sociaux représentaient 26,6 % des dépenses d’exploitation de l’édition canadienne de livres, pour un total de près de 410,4 millions de dollars[13].
  • Le nombre moyen d’employés d’une maison d’édition canadienne en 2019 était de 20, avec une moyenne de cinq employés. Les petits éditeurs (revenu brut inférieur à 1 million de dollars) employaient en moyenne trois personnes, les éditeurs de taille moyenne (1 à 10 millions de dollars) comptaient en moyenne 22 employés, et les grands éditeurs (10 millions de dollars et plus) comptaient en moyenne 110 employés[14].
  • L’enquête de 2020 sur le milieu de travail de Quill & Quire (qui utilise des données antérieures à la pandémie de COVID-19) montre que seulement 73,5 % des employés de l’industrie de l’édition estiment que leur emploi leur permet de gagner suffisamment d’argent pour couvrir leurs dépenses de base, et que 41 % travaillent à la pige pour des raisons financières. De plus, seulement 43,6 % des employeurs offrent un régime de retraite ou un soutien au REER, et si 86,6 % des employeurs offrent un régime d’avantages sociaux, seulement 61,9 % des répondants à l’enquête sont satisfaits de leur régime[15].

Marché de consommation

  • L’achat de livres imprimés suit une tendance à la baisse, alors que l’achat de livres électroniques et de livres audio est en hausse. En 2019, 81 % des acheteurs ont fait l’acquisition d’un livre imprimé, soit une baisse de 3 % par rapport à 2018. En revanche, 20 % ont acheté un livre électronique (en hausse de 11 %) et 8 % ont acheté un livre audio (en hausse de 41 %)[16].
  • En 2020, environ 8 Canadiens sur 10 liront au moins un livre, ce qui correspond à la situation des cinq dernières années. La lecture ou l’écoute de livres est une activité récréative populaire, 53 % des personnes interrogées déclarant l’avoir fait au moins une fois par semaine, et 33 % quotidiennement. L’augmentation du temps de loisir due à la pandémie de COVID-19 n’a pas entraîné une hausse significative de la lecture[17].
  • Les détaillants en ligne étaient la source la plus courante de livres imprimés et de livres électroniques pour les lecteurs en 2020 (24 % et 27 % respectivement), suivis par 22 % et 25 % respectivement qui obtenaient leurs livres dans une bibliothèque publique. Les auditeurs de livres audio étaient également les plus susceptibles d’obtenir leurs livres auprès d’un détaillant en ligne à 24 %, une augmentation par rapport à 2019. En outre, 21 % des auditeurs de livres audio utilisent principalement des sites Internet gratuits[18].
  • L’utilisation des livres audio est en constante augmentation depuis plusieurs années. En 2020, 37 % des Canadiens sont des auditeurs de livres audio, et le nombre de personnes qui consomment exclusivement des livres audio est passé à 11 %, par rapport à 5 % en 2018. La circulation des livres audio dans les bibliothèques numériques a augmenté de 32 % entre 2018 et 2019, et 31 % des répondants utilisent un service d’abonnement aux livres audio[19].
    • Cependant, bien que la consommation de livres audio ait augmenté, le pourcentage d’utilisateurs achetant des livres audio a diminué entre 2018 et 2020. En revanche, la diffusion ou le téléchargement gratuit en ligne et dans des applications, le téléchargement gratuit sur des sites de partage de fichiers et les services d’abonnement à des livres audio ont tous augmenté[20].
Un diagramme à barres horizontales montrant les sources que les consommateurs de livres audio utilisent pour accéder aux livres audio, avec des données de 2018 et de 2020. La source la plus courante en 2018 était l’achat en ligne auprès d’un magasin ou d’un détaillant. La source la plus courante en 2020 était le téléchargement ou la diffusion en continu en ligne/applications gratuitement.

Tendances et enjeux

Le taux de croissance de l’industrie canadienne du livre est positif selon les statistiques et continuera sur une légère tendance à la hausse, selon les prévisions de PwC, les livres électroniques grand public devant augmenter plus rapidement que les formats imprimés et audio. La pandémie de COVID-19 a eu un certain nombre de répercussions sur l’industrie de l’édition qui devraient se poursuivre ultérieurement. La diversité, l’accessibilité et l’environnementalisme restent des questions importantes pour le secteur de l’édition.

Taux de croissance et tendances de l’industrie

  • Selon PwC (dans une prévision élaborée depuis l’apparition de la COVID-19), les livres grand public canadiens en format imprimé et audio ont généré 539 millions de dollars américains de revenus en 2020, et à un taux de croissance annuel combiné (TCAC) prévu de 0,31 % entre 2020 et 2025. Les livres électroniques grand public ont généré 244 millions de dollars américains en 2020, avec un TCAC de 1,61 % jusqu’en 2025[21].
  • À l’échelle mondiale, les revenus des livres grand public imprimés et audio devraient passer de 48,4 milliards de dollars américains en 2020 à 50 milliards de dollars américains en 2025, soit un TCAC de 0,66 %, et les livres grand public électroniques devraient passer de 13,5 milliards de dollars américains en 2020 à 16,3 milliards de dollars américains en 2025, soit un TCAC de 3,83 %[22].
  • Les éditeurs canadiens considèrent les livres électroniques et les livres audio comme un marché en pleine expansion, par rapport aux livres imprimés. Au début de 2020, la majorité des petits éditeurs (60 %) s’attendaient à ce que leurs ventes de livres imprimés diminuent en 2020, alors que 62 % prévoyaient une augmentation de leurs ventes de livres électroniques et 72 %, une augmentation des ventes de livres audio[23].
  • La catégorie la plus vendue sur le marché canadien du livre en 2020 était la fiction pour jeunes et jeunes adultes, avec 41,2 %. Viennent ensuite les ouvrages non romanesques, avec 33,2 %, et les romans pour adultes, avec 24,1 %[24].
  • Les romans graphiques destinés aux enfants constituent une industrie en pleine expansion, les grandes maisons d’édition ayant lancé des marques propres aux romans graphiques, telles que HarperAlley (HarperCollins) et Random House Graphic (Random House), en plus des marques existantes telles que Graphix, de Scholastic, et First Second Books, de Macmillan. Le format de récit illustré des romans graphiques est souvent reconnu pour attirer les enfants réticents à la lecture[25].
  • L’essor de l’achat de livres en ligne a entraîné une augmentation de l’importance des préventes. Si les commerces de détail ayant pignon sur rue ont toujours pris des commandes de prévente, les préventes en ligne sont beaucoup plus courantes et peuvent avoir une incidence sur des facteurs allant du mode de commercialisation d’un livre au nombre d’exemplaires commandés par les détaillants, en passant par la façon dont le livre apparaît dans les algorithmes en ligne, et donc sur le public qu’il rejoint[26].
  • La prévalence nécessaire du travail à domicile pendant la pandémie de COVID-19 pourrait être le signe d’une évolution plus générale vers le travail à distance dans le secteur de l’édition après la pandémie. Par le passé, on considérait que les maisons d’édition et leurs employés devaient être situés dans les grands centres urbains, mais la pandémie a prouvé que le travail à distance était possible pour de nombreux secteurs de cette industrie. La possibilité pour les employés du secteur de l’édition de travailler à distance pourrait également contribuer à répondre aux préoccupations générales concernant les salaires, comme le montre l’enquête annuelle de Quill & Quire[27].
  • Un nouveau rapport de l’Association of Canadian Publishers, intitulé Canadian Ebooks in K-12 Education (en anglais seulement), souligne la nécessité pour les éditeurs canadiens de rendre leurs ressources numériques plus accessibles au marché de l’éducation, et fournit des conseils sur la meilleure façon de le faire. Le rapport aborde les difficultés propres survenues en raison de la COVID-19 et traite des stratégies relatives aux ressources numériques en général.

Enjeux au Canada et à l’étranger

  • Plus de la moitié des éditeurs canadiens (59 %) ont indiqué que les contraintes financières constituaient le principal obstacle à l’innovation. Vingt-cinq pour cent ont également indiqué que les structures internes de leur organisation n’étaient pas propices à l’innovation et au changement[28].
  • Même si le Canada assumera son rôle d’invité d’honneur à la Foire du livre de Francfort 2021 en octobre (après un report de 2020), le comité directeur de la présence canadienne au festival donne la priorité à la programmation virtuelle, en raison de l’incertitude entourant la COVID‑19[29].
  • Douze libraires indépendants de tout le Canada se sont réunis à l’été 2020 pour former une nouvelle association canadienne des libraires indépendants dont le mandat est d’offrir des programmes et des services et de promouvoir des politiques qui favorisent le renforcement des libraires indépendants canadiens[30].
  • Les défenseurs de l’édition canadienne font pression sur Postes Canada et Patrimoine canadien pour que les libraires bénéficient d’un rabais sur les frais de port pour les services de livraison. Postes Canada offre actuellement un rabais de plus de 95 % aux bibliothèques publiques, et un rapport rédigé par le groupe de réflexion More Canada suggère que ce taux soit étendu aux librairies qui proposent au moins 20 % de livres d’auteurs canadiens[31].
  • Une importante fusion entre les maisons d’édition internationales Penguin Random House et Simon & Schuster (la société mère de la première rachetant la seconde) a suscité des inquiétudes dans un certain nombre de pays. Les défenseurs de l’industrie de l’édition affirment que l’éditeur combiné dominerait les marchés nationaux d’une manière qui n’a jamais été possible auparavant. Parmi les contestations de cette fusion, citons l’appel lancé par la Guilde des auteurs américains pour bloquer l’opération, ainsi qu’une enquête menée par le chien de garde britannique, la Competition and Markets Authority. L’Association of Canadian Publishers a également demandé au Bureau de la concurrence et au ministère du Patrimoine canadien d’examiner la vente[32].
  • De nombreux éditeurs se tournent vers les influenceurs en ligne pour atteindre le public de la génération Z, dont beaucoup sont des lecteurs assidus. YouTube est particulièrement populaire, avec une forte sous-culture de « BookTubers » qui proposent des critiques, des discussions sur les livres et des interviews d’auteurs. TikTok est également devenu une application de médias sociaux populaire pour entrer en contact avec les lecteurs de livres, en particulier ceux de moins de 30 ans[33].
  • Les fonctions d’accessibilité sont une partie importante de la production de livres électroniques, et les éditeurs canadiens commencent à intégrer ces éléments dans leurs livres électroniques. En 2019, 50 % incluaient des outils d’aide à la navigation, 33 % incluaient des balises sémantiques, 33 % avaient des livres d’images à mise en page fixe, 28 % avaient des métadonnées d’accessibilité et 17 % utilisaient la synthèse de la parole à partir du texte avec un balisage audio spécial et des styles auditifs. Seuls 13 % n’utilisaient aucune de ces technologies[34].
  • La diversité dans les livres est devenue une question importante ces dernières années, et elle fait particulièrement l’objet de discussions en ce qui concerne les livres pour enfants. Une étude réalisée en 2020 par le Toronto Star sur la diversité dans une sélection de 419 livres pour enfants écrits ou illustrés par des Canadiens et publiés en 2019 a révélé que 37,5 % d’entre eux présentent des personnages principaux blancs, soit une baisse de 8,2 % par rapport à 2018. Les livres dont les personnages principaux sont noirs, autochtones, asiatiques de l’Est ou du Sud ont connu une augmentation de 4,9 % par rapport à 2019, avec 29,3 %[35].
    • Cette étude a également montré que seuls 28 des 525 personnages examinés étaient LGBTQ+, 20 étaient invisiblement handicapés et 19 étaient visiblement handicapés. La représentation des LGBTQ+ et des personnes visiblement handicapées s’est améliorée d’un faible pourcentage, tandis que les personnages invisiblement handicapés n’ont diminué que de 0,3 %[36].
  • L’Association of Canadian Publishers a créé une base de données de pigistes de diverses communautés pour promouvoir les personnes racisées et autres personnes marginalisées travaillant comme contractuels ou pigistes dans l’industrie canadienne de l’édition de livres.
  • Les éditeurs canadiens constatent un rendement du capital investi (RCI) positif pour les livres réalisés par et sur des publics diversifiés. En 2019, 89 % des livres réalisés par et sur les Noirs, les Autochtones ou les personnes de couleur ont eu un RCI positif, les livres réalisés par et sur les femmes ont eu 79 %, les livres réalisés par et sur les personnes LGBTQIA+ ont eu 78 %, et les livres réalisés par et sur les personnes handicapées ou neurodivergentes ont eu un RCI positif de 63 %[37].
  • Le secteur de l’édition est de plus en plus conscient de la nécessité d’adopter des méthodes de travail plus écologiques dans un secteur où l’on utilise beaucoup de papier et de carbone. Certains éditeurs adoptent des services de soumission de manuscrits uniquement en ligne, comme Submittable, et d’autres cherchent à réduire ou à supprimer les plastiques à usage unique dans les emballages et les expéditions. Parmi les stratégies plus modestes, on peut citer la réduction des déplacements et des espaces de bureau, ou la distribution d’exemplaires de livres aux lecteurs en format numérique uniquement[38].
    • Les éditeurs canadiens adoptent particulièrement des pratiques écologiques. Soixante-quatorze pour cent des éditeurs interrogés utilisaient la vidéoconférence ou la conférence vocale au lieu des voyages d’affaires (avant la pandémie); 62 % s’approvisionnaient en papier pour les ventes, les exemplaires prétirage de livres ou les catalogues auprès d’un système de gestion forestière certifié; et 53 % utilisaient les technologies d’impression à la demande[39].
  • Audible a lancé sa série inaugurale de Canadian Audible Originals, composée de contenus commandés et réalisés au Canada, notamment des balados, des séries et des livres audio originaux. La série servira à mettre en lumière les écrivains canadiens et est ouverte aux propositions de la communauté littéraire canadienne[40].
  • Les changements dans l’industrie des pâtes et papiers ont commencé à avoir une incidence sur les coûts de production des presses indépendantes canadiennes. La pandémie de COVID-19 en est partiellement responsable en raison des fermetures, mais d’autres problèmes tels que la rareté du bois en Colombie-Britannique ont perduré. Certaines presses ajustent leurs budgets et adoptent de nouvelles stratégies d’impression, comme des tirages initiaux plus courts avec des réimpressions plus fréquentes si nécessaire[41].
  • En 2020, la Cour d’appel fédérale du Canada a rendu sa décision sur le litige opposant Access Copyright et l’Université York concernant les frais de reproduction sur les documents protégés par le droit d’auteur remis aux étudiants. Si la Cour a convenu que les lignes directrices sur l’utilisation équitable adoptées par l’Université York ne répondent pas au critère de la Cour suprême, elle a également statué que les tarifs homologués par la Commission du droit d’auteur du Canada ne sont pas obligatoires. L’Université York et Access Copyright ont fait appel de la décision, et l’affaire a été portée devant la Cour suprême du Canada[42].

Soutien gouvernemental

Remarque : Les renseignements figurant dans cette section donnent un aperçu d’une partie de l’aide gouvernementale accordée à l’industrie de l’édition de livres. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de l’aide gouvernementale disponible.

  • Dans le budget fédéral de 2021, le ministère du Patrimoine canadien s’est engagé à verser 39,3 millions de dollars sur deux ans, en 2021-2022, pour soutenir l’industrie canadienne du livre, dont 32,1 millions de dollars sur deux ans pour aider les librairies à augmenter leurs ventes en ligne et 7,2 millions de dollars en 2021-22 pour la promotion de l’industrie à la Foire du livre de Francfort.
  • En 2021-2022, les éditeurs de l’Ontario ont accès à un financement provincial dans le cadre de plusieurs programmes d’Ontario Créatif et d’un crédit d’impôt : le Fonds du livre, le Fonds pour l’exportation du livre et le crédit d’impôt de l’Ontario pour les maisons d’édition. Par l’entremise de son Programme de développement de l’industrie, Ontario Créatif offre également un soutien aux organisations de l’industrie du livre pour les événements et les activités qui stimulent la croissance de l’industrie, y compris le marché de l’éducation.
  • Le ministère du Patrimoine canadien fournit un appui financier à l’industrie canadienne du livre par l’intermédiaire du Fonds du livre du Canada (FLC), qui comprend deux grands volets : Soutien aux organismes et Soutien aux éditeurs. Depuis 2019-2020, le FLC accepte les demandes pour de nouveaux projets dans le cadre de l’initiative Livres numériques accessibles.
  • Les autres mécanismes de financement à l’échelle fédérale et provinciale comprennent le
    Conseil des arts du Canada
     et le Conseil des arts de l’Ontario (avec les subventions suivantes : Literary Creation Projects, Literary Organization Projects, Literary Organizations: Operating et Publishing Organizations: Operating).

Reconnaissance de l’industrie

Les auteurs et les maisons d’édition de l’Ontario sont souvent reconnus pour leur travail exceptionnel :

  • Le recueil de nouvelles de l’auteur ontarien Souvankham Thammavongsa, How to Pronounce Knife (McClelland & Stewart) a été désigné par le Time Magazine comme l’un des livres à lire absolument en 2020, et a remporté le prix Giller de la Banque Scotia en 2020.
  • How to Pronounce Knife, de Souvankham Thammovongsa, a également remporté le Prix littéraire Trillium de 2021 (en anglais). Sept nuits dans la vie de Chérie (Éditions David), de Danièle Vallée, a gagné le Prix littéraire Trillium de 2021 (en français). sick (Black Lawrence Press), de Jody Chan, a remporté le Prix littéraire Trillium de 2021 en poésie (anglais). Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille (Éditions L’Interligne), d’Éric Mathieu, a gagné le Prix littéraire Trillium en littérature pour enfants (français).
  • Skin House (Anvil Press), de Michael Blouin, a remporté le prix ReLit du meilleur roman.
  • Ian Williams, de Toronto, lauréat du prix Giller de 2019, a remporté le prix Raymond Souster 2021 pour son recueil de poésie Word Problem (Coach House).

Profil mis à jour le 28 septembre 2021

Notes de fin

1 Ryan Porter, « Demand for digital collections spikes at libraries across Canada », Quill & Quire, 30 avril 2020; Molly Hayes, « Libro is now in Canada and booksellers are taking advantage », The Globe and Mail, 31 mars 2020.

2 Noah Genner, « 2020 Canadian book market half-year review », BookNet Canada, 27 août 2020; Statistique Canada, Tableau 36-10-0652-01 – Les indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine (x 1 000). (consulté le 28 juin 2021).

3 Adina Bresge, « Dozens of Canadian publishers project at least a 40 per cent revenue hit, survey says », Toronto Star, 10 décembre 2020.

4 Eli Glasner, « Indie booksellers thriving during pandemic thanks to new ways of connecting with customers », CBC, 12 novembre 2020.

5 Statistique Canada, Le Quotidien – L’industrie de l’édition du livre, 2018. (consulté le 16 avril 2021).

6 Statistique Canada, Tableau 21-10-0200-01 – Éditeurs de livres, statistiques sommaires. (consulté le 21 avril 2021).

7 Statistique Canada, Tableau 36-10-0452-01 – Les indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, par province et territoire, perspective du produit. (consulté le 28 septembre 2021).

8 Statistique Canada, Tableau 21-10-0042-01 – Éditeurs de livres, valeur nette des ouvrages vendus selon la catégorie de clients (x 1 000 000). (consulté le 21 avril 2021).

9 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 8. Nota: Les chiffres ont été calculés à partir d'une moyenne des types d'éditeurs et ne totalisent donc pas 100 %.

10 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 4, 8.

11 BookNet Canada, « The Canadian Book Market 2020 », BookNet Canada, 30 mars 2021.

12 Statistique Canada, Tableau 36-10-0452-01 – Les indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, par province et territoire, perspective du produit. (consulté le 28 septembre 2021).

13 Statistique Canada, Tableau 21-10-0200-01 – Éditeurs de livres, statistiques sommaires. (consulté le 21 avril 2021); Statistique Canada, Tableau 21-10-0201-01 – Éditeurs de livres, dépenses de l’industrie. (consulté le 21 avril 2021).

14 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 4, 8.

15 Sue Carter, « Workplace survey: the results », Quill & Quire, 11 mai 2020.

16 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 6.

17 BookNet Canada, Canadian Leisure and Reading Study 2020, 2021, p. 7.

18 BookNet Canada, Canadian Leisure and Reading Study 2020, 2021, p. 15.

19 BookNet Canada, Press Play: Audiobook Use in Canada: 2020, 2020, p. 3.

20 BookNet Canada, Press Play: Audiobook Use in Canada: 2020, 2020, p. 16.

21 PwCGlobal Entertainment & Media Outlook 2021-2025, « Canada », 2021.

22 PwCGlobal Entertainment & Media Outlook 2021-2025, « Global Consumer books », 2021.

23 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 4-5.

24 BookNet Canada, « The Canadian Book Market 2020 »; BookNet Canada, 30 mars 2021.

25 Heather Camlot, « Inside the billion-dollar market of kids’ graphic novels », Quill & Quire, 23 avril 2020.

26 Ryan Porter, « How much do pre-orders predict a bestseller? », Quill & Quire, 10 octobre 2019.

27 Sue Carter, « The Future of Publishing: Can the industry move beyond city limits? », Quill & Quire, 19 octobre 2020.

28 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 5.

29 Ryan Porter, « In-person literary programming not guaranteed for Canada as Frankfurt announces hybrid festival », Quill & Quire, 11 mars 2021.

30 Ryan Porter, « Canada finally has a booksellers’ association again », Quill & Quire, 30 juillet 2020; Canadian Independent Booksellers Association, « Mandate, Vision, Strategic Objectives », Canadian Independent Booksellers Association, 2020.

31 Ryan Porter, « How Canadian publishing is rallying to cut shipping costs by 95 per cent », Quill & Quire, 21 janvier 2021.

32 Anna Porter, « Why a proposed deal between two American publishing giants matters to the Canadian books sector », The Globe and Mail, 12 février 2021; Mark Sweney, « UK watchdog investigates Penguin owner’s Simon & Schuster takeover », The Guardian, 22 mars 2021; Association of Canadian Publishers, « Canadian independent publishers call for review of sale of Simon & Schuster to Bertelsmann/Penguin Random House », Association of Canadian Publishers, 25 novembre 2020.

33 Ryan Porter, « How publishers target Gen Z through YouTube’s most bookish influencers », Quill & Quire, 30 janvier 2020; Nataly Alarcón, « TikTok for #books », BookNet Canada, 28 octobre 2020.

34 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 18.

35 Deborah Dundas, « Who do we see in Canadian children’s books? The Star’s second annual diversity survey tells the story », Toronto Star, 17 décembre 2020.

36 Ibid.

37 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 11.

38 Sue Carter, « Earth Day: How indie publishers are responding to the urgency of the climate crisis », Quill & Quire, 9 avril 2020.

39 BookNet Canada, The State of Publishing in Canada 2019, 2020, p. 14.

40 Ryan Porter, « Audible ‘just getting started’ on commissioning projects by Canada’s literary community », Quill & Quire, 14 janvier 2021.

41 Andrea Bennett, « Pressure on the pulp-and-paper industry affects independent publishers’ bottom lines », Quill & Quire, 5 mai 2021.

42 Sue Carter, « ACP ‘frustrated and disappointed’ by federal court decision on copyright tariffs », Quill & Quire, 29 avril 2020; Sue Carter, « Supreme Court to hear York University and Access Copyright appeals », Quill & Quire, 15 octobre 2020.