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Profil sectoriel – Revues

COVID-19 – Mise à jour

  • Les éditeurs de revues sont confrontés à un certain nombre de difficultés dans la foulée de la COVID-19, dont les pertes de revenus attribuables aux fermetures de magasins ayant pignon sur rue et, dans certains cas, la difficulté à transférer le contenu en ligne ainsi qu’un important recul des ventes publicitaires et la réduction des effectifs.
  • Les revenus enregistrés dans le secteur des magazines ont énormément diminué depuis l’introduction de mesures de confinement pour lutter contre la COVID-19. Cette tendance se maintiendra sans doute tout au long de l’été et peut-être à l’automne.
  • Les entreprises spécialisées dans les magazines ont dû mettre à pied du personnel à cause de pertes de revenus, et beaucoup d’employés ne reviendront peut-être pas. Chez celles où il n’y a pas eu de licenciements, les employés continuent de voir leur nombre d’heures baisser.
  • La réduction des effectifs et des revenus a contribué à couper dans le calendrier de publication de bon nombre de magazines d’art, et plusieurs autres dans d’autres domaines risquent une fermeture permanente.
  • Les dépenses publicitaires ont reculé à la fois dans les publicités imprimées et numériques. Cette situation se poursuivra probablement à l’automne, mais les publicités numériques pourraient reprendre plus rapidement aux échelles locale et régionale.
  • La plupart des magasins canadiens ayant pignon sur rue sont fermés, et tous les commerces Chapters et Indigo ont cessé d’accueillir des clients à la fin mars. En outre, 75 % des détaillants indépendants de Magazines Canada ont aussi fermé boutique[i].
  • Veuillez consulter le site Web d’Ontario Créatif pour en savoir davantage sur notre plan d’intervention contre la COVID-19.

i Magazines Canada, « Magazines Canada Retail Distribution Update », Magazines Canada Member Bulletin, 15 avril 2020.

Mise à jour intérimaire du profil de janvier 2020

Octobre 2020

  • Le ministère du Patrimoine canadien apporte un soutien supplémentaire aux périodiques canadiens pour contrer la COVID-19. Les revues et magazines qui bénéficient du soutien du Fonds du Canada pour les périodiques – Aide aux éditeurs ont reçu un complément de 25 % à leur montant octroyé en 2020, et le Conseil des Arts du Canada a obtenu une enveloppe de 55 millions de dollars pour les organisations qu’il appuie, y compris les éditeurs. Les publications admissibles peuvent également profiter du volet Mesures spéciales pour appuyer le journalisme du Fonds du Canada pour les périodiques[a].
  • Une étude quinquennale menée par l’American Association of Magazine Media sur les lectorats des magazines a montré que les marques se sont développées dans un monde multimédia, avec une croissance de 24 % dans tous les formats entre août 2014 et août 2019. Un fort rendement a aussi été observé dans les médias sociaux et sur d’autres plateformes en ligne[b].
  • Alors que les publications deviennent de plus en plus numériques, l’imprimé conserve une place importante : 58 % des abonnés interrogés dans une étude de FIPP se disent principalement attirés par l’imprimé, et de 60 à 80 % des recettes des éditeurs proviennent de la presse écrite[c].
  • Le gouvernement fédéral prévoit une modernisation du Fonds du Canada pour les périodiques, en ciblant plus particulièrement les volets Aide aux éditeurs et Innovation commerciale (IC). Entre autres changements, cette initiative se traduira par un investissement accru dans le contenu éditorial et journalistique, un nouveau sous-composant pour le contenu exclusivement numérique et un élargissement de l’admissibilité au volet IC. Cette modernisation sera menée à bien sur cinq ans, et les parties intéressées auront la possibilité de discuter du plan avec Patrimoine canadien à partir de l’automne 2020[d].
  • À mesure que les publications sont mises en ligne, il peut s’avérer difficile d’attirer un lectorat payant. Le passage des consommateurs de la lecture gratuite à l’abonnement payant peut se faire de plusieurs façons, mais les modèles d’abonnement à faible friction peuvent être utiles pour faciliter le processus pour les lecteurs. Ce modèles reposent entre autres sur les contributions, les dons, les laissez-passer et les achats uniques[e].
  • Les raisons pour lesquelles les lecteurs de revues et de magazines d’information choisissent de s’abonner sont nombreuses, et la compréhension des motifs est essentielle pour constituer une clientèle solide. Ces raisons comprennent la communauté (intérêt pour les nouvelles et les événements locaux), le coût (offre de rabais et de promotions à des moments clés), le contenu (désir de lire un contenu intéressant) et la contribution (soutien aux publications locales et au journalisme local)[f].
  • Les magazines de l’Ontario ont été bien représentés aux Prix du magazine canadien en 2020. Mentionnons entre autres Prefix Photo, qui a remporté la médaille d’or du meilleur magazine, dans la catégorie Art, littérature et culture; Jocelyn Bell de Broadview, qui a remporté le Grand Prix de la rédaction; Inuit Art Quarterly, qui a remporté la médaille d’argent pour le meilleur article court; Cottage Life, qui a remporté l’or pour le meilleur article de fond; Toronto Life, qui a remporté six fois l’or et un prix d’argent, notamment dans les catégories des articles de fond (long format), du journalisme d’enquête et des portraits.

Les profils sectoriels d’Ontario Créatif sont entièrement mis à jour une fois par année. Ils sont mis à jour environ six mois plus tard, pour faire le point sur les principaux changements observés depuis leur publication.

a Magazines Canada, « Federal Government Announces More Support for Canadian Magazines », Magazines Canada, 8 mai 2020; Patrimoine canadien, « COVID-19 : Le gouvernement du Canada prend des mesures pour soutenir les secteurs de l’édition et de l’information », Gouvernement du Canada, 25 mars 2020.

b Nouvelle-éclair : « MPA releases five-year study showcasing magazine brand vitality across formats and platforms », FIPP, 9 décembre 2019.

c Nouvelle de FIPP, « Print ‘thriving in wider publishing ecosystem’, finds UPM white paper », FIPP, 10 octobre 2019.

d Patrimoine canadien, « Modernisation du Fonds du Canada pour les périodiques : s’adapter à l’ère numérique », CISION, 18 février 2020.

e Nouvelle de FIPP, « Low-friction models gaining traction to supplement magazine subscription strategies », FIPP, 14 octobre 2019.

f Matt Lindsay, « Subscription motivation and acquisition tactics », Digital Content Next, 12 février 2020.

Profil de janvier 2020

Introduction

Le secteur canadien des revues comprend les magazines d’intérêt général et les publications interentreprises, dont le contenu est diffusé en version imprimée et en version numérique, par divers canaux de distribution en ligne et mobiles. Les modèles d’affaires dans l’industrie de la presse magazine intègrent de plus en plus souvent des sources de revenus au-delà de l’abonnement et de la publicité traditionnels, comme l’édition sur mesure, et les stratégies de production de revenus axées sur les événements et la vente au détail.

L’industrie de la presse magazine de l’Ontario est la plus importante au Canada. Ses revenus d’exploitation se sont élevés à 801 millions de dollars en 2017 – soit plus de la moitié des revenus nationaux.

Taille de l’industrie et impact économique

Remarque : L’information sur les revenus, l’emploi et le marché des consommateurs fournie ci-après doit être considérée comme un aperçu des activités de l’industrie, fondé sur les meilleurs renseignements disponibles[1]. Tous les chiffres en dollars sont en dollars canadiens, à moins d’indication contraire.

Revenus et chiffres connexes

  • Les revenus d’exploitation de l’industrie de l’édition de périodiques de l’Ontario ont diminué de 28,9 % entre 2013 et 2017, passant de 1 126,2 à 801,1 millions de dollars. La baisse a été plus marquée au Québec (45,8 %) et dans les Prairies (43,1 %), mais moins marquée dans les provinces de l’Atlantique (23,7 %) et en Colombie-Britannique (20,3 %). Les revenus d’exploitation de l’industrie canadienne de l’édition de périodiques ont diminué de 33,6 % dans l’ensemble au cours de cette période[2].
  • L’Ontario représentait 61,3 % du total national en 2017, en hausse par rapport à 57,2 % en 2013[3].
Diagramme à barres comparant les revenus du Canada aux revenus de l’Ontario, des provinces de l’Atlantique, du Québec, des provinces des Prairies, de la Colombie-Britannique et des territoires. L’Ontario représente régulièrement plus de la moitié des revenus du Canada, suivi du Québec, des Prairies, de la Colombie-Britannique et des territoires, et enfin des provinces de l’Atlantique.
  • En 2017, l’industrie de l’édition de périodiques de l’Ontario enregistrait une marge bénéficiaire de 12,0 %, supérieure à la marge bénéficiaire fédérale de 10,3 % et supérieure à celle de toute autre province ou tout autre territoire du pays[4].
  • Si l’on répartit les ventes totales par activité, le pourcentage le plus élevé des ventes canadiennes peut être attribué à la publicité, suivie de la diffusion. Toutefois, les ventes publicitaires ont diminué au fil du temps, passant de 61,8 % des ventes totales en 2013 à 52,9 % en 2017. En comparaison, la proportion des ventes de la diffusion a augmenté, passant de 27,9 % en 2013 à 34,0 % en 2017[5].
Diagramme à barres comparant les ventes de magazines par activité, y compris les ventes de publicité, les ventes de diffusion et toutes les autres ventes (édition sur commande, impression sur commande, événements, conférences, salons professionnels, autres). Les ventes de publicité sont toujours les plus élevées, mais sont en baisse. Les ventes de diffusion viennent au deuxième rang et sont en constante augmentation, tout comme les autres ventes.
  • À l’échelle nationale, les produits numériques représentent une part de plus en plus importante des revenus générés par l’industrie de l’édition de périodiques. En 2017, 17,8 % du total des revenus publicitaires étaient attribuables aux produits numériques. De plus, 9,9 % des revenus de diffusion sont attribuables aux produits numériques et 4,0 % aux revenus d’édition sur commande[6].
  • En 2017, les périodiques ont généré un PIB national de plus d’un milliard de dollars, dont près de la moitié, soit 472 millions de dollars, provenait de la province de l’Ontario[7].
  • Selon Global Entertainment & Media Outlook 2019-2023, de PwC, le marché mondial des magazines d’intérêt général a continué de baisser avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de -1,6 % entre 2017 et 2018[8].
  • Les revenus mondiaux de diffusion des magazines imprimés d’intérêt général ont constamment diminué et devraient encore diminuer, passant de 41,1 milliards de dollars américains en 2018 à 37,1 milliards de dollars américains en 2023, les revenus publicitaires des magazines imprimés d’intérêt général passant également de 19,5 milliards de dollars américains en 2018 à 13,6 milliards de dollars américains en 2023[9].
  • Bien que les revenus des magazines imprimés soient en baisse, on prévoit que les revenus mondiaux de diffusion des magazines numériques passeront de 3,9 milliards de dollars américains en 2018 à 4,9 milliards de dollars américains en 2023, et que les revenus publicitaires des magazines numériques augmenteront également de 9,6 milliards de dollars américains en 2018 à 12,3 milliards de dollars américains en 2023[10].
  • Les revenus des magazines numériques et de la publicité numérique interentreprises dans le monde devraient augmenter à un rythme supérieur à celui des magazines d’intérêt général, avec une hausse prévue de 13,1 % pour le numérique interentreprises, contre 5,5 % pour le numérique d’intérêt général et 9,0 % pour le numérique interentreprises, contre 5,8 % pour la publicité au détail[11].
  • Le marché canadien des magazines d’intérêt général a connu une baisse, avec un TCAC de ‑0,7 %, à 947 millions de dollars américains en 2018. Toutefois, les perspectives du marché canadien des magazines sont plus positives que celles des États-Unis[12].

Emploi et salaires

  • En 2017, l’industrie ontarienne de l’édition de périodiques a dépensé 263,6 millions de dollars en salaires, traitements, commissions et avantages sociaux. Il s’agit d’une baisse de 5,7 % par rapport à l’année précédente, et représente 65,7 % des dépenses nationales dans ce domaine[13].
  • Plus de 5 600 personnes travaillaient dans l’industrie des périodiques de l’Ontario en 2017, sur près de 12 600 à l’échelle nationale[14].

Marché des consommateurs

  • Les magazines imprimés occupent toujours une place importante sur le marché, 63 % des lecteurs de magazines âgés de 18 ans et plus déclarant préférer les versions imprimées des magazines, 29 % préférant lire à la fois sur papier et en format numérique, et 8 % ne lisant qu’en format numérique[15].
Diagramme circulaire montrant le lectorat de magazines par média, avec des catégories pour l’imprimé, l’ordinateur, le mobile et toutes les combinaisons de médias multiples. Le pourcentage de loin le plus élevé est attribuable à l’imprimé, suivi par les trois en combinaison.
  • Le nombre de lecteurs de magazines au Canada a diminué, passant de 17,2 millions en 2014 à 15,9 millions en 2016. L’un des facteurs importants de cette baisse est la différence de consommation entre les générations, puisque seulement 44 % des Canadiens âgés de 21 à 34 ans lisent des magazines imprimés chaque semaine, comparativement à 67 % des Canadiens âgés de 50 à 69 ans[16].
  • Les publicités dans les magazines ont une incidence plus marquée et sont plus attrayantes que sur les sites Web ou les réseaux de télévision financés par de la publicité. Dans une étude américaine, les magazines ont obtenu de meilleurs résultats dans tous les domaines examinés, y compris la mesure dans laquelle les gens sont attentifs aux annonces, leur pertinence, et la probabilité de les acheter et de les intégrer au contenu des autres annonces. De plus, un lecteur de magazine sur deux a effectué des recherches en ligne pour trouver des produits, des marques ou des services annoncés dans un magazine, et un sur cinq a effectué un achat[17].
  • Dans la même étude, l’ensemble des lecteurs préfèrent la lecture des imprimés sur papier à la lecture numérique pour un certain nombre de raisons, notamment une meilleure rétention, moins de distractions et une sensation physique plus agréable[18].
  • La catégorie de magazines la plus populaire parmi les lecteurs canadiens est « nourriture et recettes », avec 69 % des lecteurs qui la lisent. Viennent ensuite « divertissement et célébrité », avec 62 %, suivi de « santé et conditionnement physique » et « voyage et tourisme », tous deux avec 61 %[19].

Tendances et enjeux

Les principales tendances actuelles dans l’industrie de l’édition de magazines sont une augmentation de l’utilisation des modèles d’accès payant, la nécessité de se développer dans des marchés de niche et une migration générale vers le numérique par rapport au produit imprimé. Un certain nombre de marques de magazines utilisent de plus en plus la technologie afin de rester pertinentes et innovantes dans un marché de plus en plus numérique. Il y a une augmentation de l’intégration avec les téléphones intelligents, comme les applications, la réalité augmentée ou la réalité virtuelle.

Taux de croissance et tendances de l’industrie

  • Selon l’étude Global Entertainment & Media Outlook 2019-2023, de PwC, on prévoit que l’une des caractéristiques les plus importantes dont un magazine aura besoin pour prospérer sur les marchés futurs est la capacité d’offrir un contenu de niche de qualité pour se distinguer des plateformes en ligne plus génériques. Une stratégie de monétisation numérique sera également essentielle[20].
  • Les modèles d’accès payant sont de plus en plus populaires dans l’industrie mondiale des magazines. FIPP estime que les sites Web de magazines payants fournissent en moyenne environ cinq articles gratuits par mois, bien que certains n’en fournissent que deux. De plus en plus de magazines commencent à utiliser des services payants dynamiques, qui analysent le comportement et le profil de l’utilisateur afin de varier le nombre d’articles proposés au lecteur et de mieux le convertir en abonné payant[21].
  • Par le passé, les magazines imprimés ont tiré jusqu’à 70 % de leurs revenus de la publicité imprimée, mais ces revenus sont en baisse. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises de presse magazine commencent à développer de nouveaux modèles de revenus qui mettent l’accent sur d’autres sources comme les abonnements, les abonnements numériques, le commerce électronique, les biens sous licence et les événements. Le nouveau rapport de FIPP, intitulé Paywalls : How to start your subscription strategy, donne des conseils pour suivre la « stratégie de relation » afin d’améliorer le nombre d’abonnés et d’établir des relations avec les consommateurs, ainsi que de souligner les avantages d’un certain nombre de différents modèles d’accès payant en ligne[22].
  • Des innovations en intelligence artificielle (ou IA 2.0) sont prévues pour transformer l’industrie des médias, y compris le secteur des magazines. Cela inclut les IA avec intention éditoriale et opinion, et l’utilisation de l’apprentissage machine pour faire des liens avec le contenu[23].
  • En réponse à l’importance croissante accordée au contenu numérique, certains éditeurs de magazines ont opté pour la « publication inversée », où le contenu est d’abord publié en ligne sous forme numérique, puis publié sous forme imprimée par la suite, par opposition au format traditionnel qui fonctionne à l’envers. Cela permet d’élargir la portée des publications et d’être plus réactif aux nouvelles, aux événements et aux lancements de produits[24].
  • Le document Magazine Media Factbook de la Association of Magazine Media donne un aperçu des plus grandes valeurs que diverses plateformes de médias sociaux apportent à la mobilisation du public par rapport aux magazines. Entre autres idées, ce rapport fait remarquer que Facebook réussit à attirer de nouveaux publics en raison de la popularité et de la taille du réseau; Twitter a du succès grâce au format concis et rapide; et Instagram a le plus grand nombre d’interventions par publication grâce à l’importance accordée au visuel et aux options de réponse conviviales[25].
  • Les magazines commencent à tirer profit de l’utilisation de la réalité augmentée (RA) et de la réalité virtuelle (RV) pour donner vie à leur contenu. En juillet 2019, le magazine Time a lancé Time Immersive, une application de RA et de RV conçue pour intégrer et étoffer les histoires du Time. La première expérience offerte par l’application s’intitule « Landing on the Moon » et propose une reconstitution cinématographique de l’alunissage d’Apollo 11. Cela fait suite aux projets passés de RV de Time « The March » et « Remembering Pearl Harbor ». Le magazine National Geographic a également trois projets de RV qui seront élaborés cette année, dont le premier portera sur le delta de l’Okavango au Botswana[26].
  • En mai 2019, Instagram a collaboré avec le service d’aide aux jeunes en situation de crise The Mix, ainsi qu’avec l’organisme caritatif Campaign Against Living Miserably pour lancer un magazine en ligne intitulé #GramFam, destiné à aider les étudiants pendant la période des examens. Le magazine se composait d’un certain nombre d’instazines qui incluaient des conseils et des messages de soutien d’un certain nombre de célébrités et d’influenceurs d’Instagram. Cette publication, ainsi que d’autres publications similaires lancées par des plateformes en ligne comme Facebook et Snapchat, soulève des questions sur ce qui constitue un magazine dans le paysage numérique en évolution[27].

Enjeux au Canada et à l’étranger

  • En mars 2019, Apple a lancé Apple News+, un service d’abonnement à l’application Apple News permettant aux utilisateurs d’accéder à des magazines et à du contenu payant pour certaines agences de presse. Cette version remplace le service d’abonnement au magazine Texture, acheté par Apple en 2018, et limite ses services aux utilisateurs d’Apple, alors que Texture était également disponible sur Android[28].
  • L’adoption et l’utilisation de logiciels de blocage des publicités revêtent une importance constante pour les éditeurs de magazines du monde entier, tout comme la menace que leur utilisation représente pour les recettes publicitaires numériques. On estime que le blocage des publicités pourrait coûter aux éditeurs numériques plus de 27 milliards de dollars américains d’ici 2020, et qu’il y avait environ 615 millions d’utilisateurs actifs de blocage des publicités dans le monde en 2016. Les estimations du taux de pénétration des logiciels de blocage des publicités au Canada varient de 18 % à 25 %, mais on estime qu’il est supérieur à celui des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie; ce taux varie d’un bout à l’autre du pays et est plus élevé chez les personnes âgées de 18 à 24 ans[29].
  • Un rapport de (opens new window)Magazines Canada explore les avantages éventuels d’un programme de stages rémunérés pour l’industrie nationale de la presse magazine. Les stages mènent souvent à l’emploi, et l’étude affirme qu’un tel programme produirait des avantages pour les éditeurs en les aidant à constituer un bassin de talents plus diversifié, en fournissant une source d’expertise et d’innovation numériques aux éditeurs et en créant un avantage pour l’industrie en concurrence avec d’autres secteurs pour les talents[30].
  • Le programme provincial de recyclage Boîte bleue constitue un autre enjeu important pour les éditeurs de magazines canadiens. En effet, les éditeurs de magazines canadiens craignent que le barème actuel des droits ne les oblige à subventionner les coûts de recyclage associés à l’élimination du tonnage étranger (publications) et des journaux. De plus, on s’inquiète du fait que les coûts pour les éditeurs de magazines sont devenus démesurément plus élevés que les coûts associés à d’autres matériaux qui sont plus difficiles à recycler. Le gouvernement de l’Ontario réexamine ces coûts, et des changements seront apportés en 2023[31].

Aide de l’État

  • À l’automne 2018, le gouvernement fédéral du Canada a annoncé le lancement d’un financement de 595 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir le secteur canadien des médias (principalement les nouvelles), ainsi qu’une proposition de crédit d’impôt temporaire de 15 % pour les abonnements en ligne et certains médias. Le gouvernement prévoit également permettre aux organismes médiatiques sans but lucratif qui « produisent une grande variété de nouvelles et d’informations d’intérêt pour les Canadiens » de demander le statut d’organisme de bienfaisance[32].
  • En juillet 2019, un groupe d’experts indépendants a publié un rapport contenant des recommandations à l’intention des ministres du Patrimoine canadien et des Finances concernant le programme de crédit d’impôt offert par le gouvernement fédéral pour appuyer les petits médias d’information. Dans ce rapport, le groupe d’experts recommande d’élargir la couverture du crédit d’impôt pour permettre aux pigistes et aux entrepreneurs indépendants d’être considérés comme des journalistes. Le groupe d’experts a également suggéré que le gouvernement consacre un pourcentage du budget publicitaire fédéral aux publications écrites dans les communautés linguistiques minoritaires[33].
  • Le (opens new window)Fonds du Canada pour les périodiques, administré par le (opens new window)ministère du Patrimoine canadien, offre aux éditeurs de revues admissibles une aide financière pour la création de contenu, la distribution, les activités en ligne et le développement des affaires. Le Fonds fournit aussi un appui aux projets d’innovation commerciale et aux initiatives collectives qui renforcent le secteur canadien des revues. Le Fonds a récemment lancé un projet pilote consacré au soutien aux nouveaux éditeurs qui leur offre jusqu’à 5 000 dollars en fonds de démarrage pour un projet de périodique numérique.
  • Actuellement, les éditeurs de revues de l’Ontario ont accès aux subventions publiques grâce au Fonds d’aide d’Ontario Créatif aux éditeurs de revues. Ontario Créatif alloue aussi des fonds aux associations professionnelles et organisateurs d’événements dans le domaine de l’édition de revues par le truchement du Programme de développement de l’industrie afin d’encourager les événements et activités qui stimulent la croissance de l’industrie. Dans certains cas, les éditeurs de magazines peuvent être admissibles au Fonds d’Ontario Créatif pour les produits multimédias interactifs numériques.

Reconnaissance de l’industrie

  • Les Prix du magazine canadien de 2019 ont eu lieu en mai, et l’Ontario y a été bien représenté.
    • La médaille d’or pour le Meilleur Magazine : service et style de vie a été décernée à Cottage Life, le Grand Prix de la rédaction a été remis à Alison Uncles, rédactrice en chef du magazine Maclean’s, et le Grand Prix de l’éditeur a été remis à Ken Hunt, éditeur de Toronto Life. Des publications de l’Ontario ont également remporté un certain nombre de prix dans les catégories rédactionnelles et visuelles.
    • Les publications ontariennes ont également reçu des mentions honorables, notamment deux à The Walrus et Toronto Life, pour Meilleur Magazine : nouvelles, affaires et intérêt général, et une à U of T Medicine, pour Meilleur Magazine : intérêt spécial, et deux à Toronto Life et à Broadview Magazine, pour Meilleur Nouvel Auteur.
  • Dans le cadre des Prix du magazine canadien de 2019 : B2B, le magazine basé en Ontario Pivot, CPA Canada a été couronné de six médailles d’or, notamment les prix du Meilleur Magazine, du Meilleur Profil d’une entreprise et du Meilleur Portrait. Parmi les autres lauréats de médailles d’or, mentionnons Azure (deux médailles d’or), Canadian Architect, Franchise Canada, Precedent Magazine, Professionally Speaking (une médaille d’or et quatre médailles d’argent) et University Affairs (trois médailles d’or et une médaille d’argent).

État au 13 novembre 2019

Notes de fin

  1. ^ Ontario Créatif s’appuie sur les publications de données de Statistique Canada les plus récentes pour élaborer ce profil. Statistique Canada a besoin d’une période de temps pour recueillir les données (p. ex., recevoir les déclarations d’impôts) et les compiler. Les statistiques de l’industrie de la presse magazine de Statistique Canada pour 2019 seront disponibles au début de 2021.
  2. ^ (opens new window)Statistique Canada, Tableau 21-10-0053-01 – Éditeurs de périodiques, statistiques sommaires (site consulté le 2 août 2019).
  3. ^ ibid.
  4. ^ ibid.
  5. ^ (opens new window)Statistique Canada, Tableau 21-10-0070-01 – Éditeurs de périodiques, ventes par activité (site consulté le 2 août 2019).
  6. ^ (opens new window)Statistique Canada, Tableau 21-10-0071-01 – Éditeurs de périodiques, revenus publicitaires, de diffusion et de diffusion sur commande (x 1 00 000) (site consulté le 2 août 2019).
  7. ^ (opens new window)Statistique Canada, Tableau 36-10-0452-01 – Indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, par province et territoire, perspective des produits (x 1 000) (site consulté le 2 août 2019).
  8. ^ (opens new window)PwC, Global Entertainment & Media Outlook 2019-2023, 2019, p. 23.
  9. ^ ibid., p. 24.
  10. ^ ibid.
  11. ^ Martha Williams, Paywalls: How to start your subscription strategy, 2019, p. 14.
  12. ^ (opens new window)PwC, Global Entertainment & Media Outlook 2019-2023: Canada, 2019, p. 13.
  13. ^ (opens new window)Statistique Canada, Tableau 21-10-0053-01 – Éditeurs de périodiques, statistiques sommaires (site consulté le 2 août 2019).
  14. ^ (opens new window)Statistique Canada, Tableau 36-10-0452-01 – Indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, par province et territoire, perspective des produits (site consulté le 9 août 2019).
  15. ^ (opens new window)Vividata, Overview of Results: Spring 2019 Study, avril 2019, p. 7.
  16. ^ Amy Watson, « Magazines in Canada – Statistics & Facts », (opens new window)Statista, 9 mai 2018.
  17. ^ (opens new window)The Association of Magazine Media, Magazine Media Factbook, 2019, p. 59; (opens new window)Vividata, Overview of Results: Spring 2019 Study, avril 2019, p. 11.
  18. ^ (opens new window)The Association of Magazine Media, Magazine Media Factbook, 2019, p. 37.
  19. ^ (opens new window)Vividata, Overview of Results: Spring 2019 Study, avril 2019, p. 6.
  20. ^ (opens new window)PwC, Global Entertainment & Media Outlook 2019-2023, 2019, p. 24.
  21. ^ (opens new window)FIPP, 2019 Global Digital Subscription Snapshot – July 2019 Chart Update, (opens new window)FIPP,  juillet 2019.
  22. ^ Martha Williams, Paywalls: How to start your subscription strategy, 2019, pp. 2, 18.
  23. ^ Jon Watkins, « How will AI really transform the media world? », (opens new window)FIPP, 31 juillet 2019.
  24. ^ (opens new window)FIPP, The Future of Media: How digital-to-print revenue models continue to shape the industry, 2019, p. 12.
  25. ^ (opens new window)The Association of Magazine Media, Magazine Media Factbook, 2019, p. 21.
  26. ^ Jessica Patterson, « Time launches AR and VR app, moves forward with immersive expériences », (opens new window)FIPP, 18 juillet 2019; Jessica Patterson, « Time begins production on epic immersive, virtual reality experience », (opens new window)FIPP, 28 février 2019; (opens new window)FIPP, The Future of Media: How digital-to-print revenue models continue to shape the industry, 2019, p. 5.
  27. ^ Jessica Patterson, « Instagram follows other platforms by launching digital magazine », (opens new window)FIPP, 28 mai 2019.
  28. ^ Gerry Smith, « Apple’s ‘Netflix for magazines’ getting a chilly reception », (opens new window)Toronto Star, 12 décembre 2018; Juli Clover, « Apples News+ Guide: Everything You Need to Know », (opens new window)MacRumors, 2 août 2019; Sarah Perez, « Apple to close Texture on May 28, following launch of Apples News+ », (opens new window)Tech Crunch, 29 mars 2019.
  29. ^ Arjun Kharpal, « Adblocking will cost publishers $27B by 2020: Study », (opens new window)CNBC, 11 mai 2016; (opens new window)PageFair.com, consulté le 25 juillet 2018; (opens new window)Interactive Advertising Bureau of Canada, « IAB Canada releases second annual ad blocking study for 2017 », (opens new window)www.iabcanada.com, 2017; PageFair.com, « Intel », consulté le 25 juillet 2018.
  30. ^ Magazines Canada, (opens new window)Magazine Industry Paid Internship Study, mars 2017.
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  32. ^ Daniel Leblanc, « Media sector gets $595-million package in Ottawa’s fiscal update », (opens new window)The Globe and Mail, 21 novembre 2018.
  33. ^ Terry Pedwell, « Expert body calls for expanded rules to fix news-outlet tax credit status », (opens new window)National Post, 18 juillet 2019.