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Profil sectoriel – Musique

Profil sectoriel – musique : janvier 2021

Introduction

L’industrie ontarienne de la musique est la plus grande au Canada et se compose d’une vaste gamme d’intervenants de tous les maillons de la chaîne de valeur, qui créent, écrivent, produisent, éditent, distribuent et diffusent de la musique originale. Elle rassemble des musiciens, des auteurs‑compositeurs, des maisons de disque, des gérants, des agents, des éditeurs de musique, des promoteurs de concert, des diffuseurs, etc. Le marché canadien de l’enregistrement sonore et de l’édition de musique est dominé par les grandes entreprises appartenant à des intérêts étrangers, mais inclut aussi un secteur indépendant solide qui se compose principalement de petites et moyennes entreprises. La vaste majorité du contenu canadien est mise en vente par des entreprises du secteur de la musique indépendante qui appartiennent à des intérêts canadiens et qui sont sous contrôle canadien.

Le point sur la COVID-19

  • En juillet, le ministère du Patrimoine canadien a annoncé le versement de la phase 2 du Fonds d’urgence pour soutenir les organismes chargés de la culture, du patrimoine et du sport. Pour cette phase, 20 M$ iront à Musicaction et à FACTOR pour aider à soutenir les salles de concert, et 5 M$ supplémentaires iront à l’industrie de la musique en général[1].
  • La mise à jour de l’Énoncé économique de l’automne du gouvernement fédéral a été publiée le 30 novembre 2020. Elle comprenait une promesse de 181,5 M$ en 2021-2022 pour soutenir la planification et la présentation d’événements et de manifestations artistiques en direct et en mode numérique en raison de la COVID-19, et pour offrir des possibilités d’emploi dans ces secteurs[2].
  • Abacus Data a mené une enquête nationale auprès des musiciens professionnels canadiens pour le compte de Music Canada, afin de déterminer les répercussions de la COVID-19. L’étude a révélé que la capacité à se produire en direct est considérée comme extrêmement importante pour les musiciens canadiens, à la fois comme un moyen de gagner leur vie et de faire en sorte que leur carrière soit satisfaisante. L’isolement et la distanciation physique rendent également l’enregistrement de musique difficile pour les artistes[3].
    • Quatre-vingt-cinq pour cent des musiciens professionnels canadiens déclarent qu’ils auront du mal à gagner leur vie en tant que musiciens à plein temps s’ils ne peuvent pas se produire en direct. Les répercussions de la COVID-19 sur les concerts en direct continueront d’être importantes à l’avenir; 76 % des musiciens ont déclaré que le taux de réservations pour 2021 est plus bas que d’habitude[4].
  • La COVID-19 place les musiciens de scène dans une situation particulièrement précaire. En mai 2020, 70 % des membres de la Canadian Live Music Association n’étaient pas admissibles à l’aide gouvernementale. Quatre-vingt-seize pour cent des salles de concert risquent de faire faillite et 70 % ont déjà commencé à licencier du personnel[5].
    • Non seulement ces fermetures sont préjudiciables à l’industrie de la musique en direct, mais elles ont également des répercussions négatives sur la ville, la province et le pays. Début mai, au moins onze salles de concert de Toronto avaient déjà fermé leurs portes, chacune d’entre elles entraînant la perte d’une moyenne de 10 emplois équivalents temps plein, de 575 000 $ de contribution annuelle au PIB et de 148 000 $ de taxes provinciales et fédérales[6].
  • Même les salles de concert qui peuvent continuer à fonctionner à une certaine capacité sont confrontées à des difficultés relatives aux assurances. En effet de nombreuses salles connaissent une augmentation sans précédent des primes d’assurance, et certaines ne peuvent même pas renouveler les polices d’assurance qui ont expiré pendant la pandémie[7].
  • Pour tenter de relever les défis sans précédent auxquels sont confrontées les salles de concert pendant la COVID-19, le conseil municipal de Toronto a élargi les sous-catégories visant les installations d’entreprise créative dont les services sont regroupés, afin d’accorder un allégement supplémentaire de l’impôt foncier aux salles de concert qui répondent aux critères d’admissibilité. Cela permettra aux propriétaires de bénéficier d’une réduction de 50 % de l’impôt foncier sur les propriétés qui fonctionnent principalement comme des salles de concert. À la fin du mois de juillet 2020, le conseil municipal de Toronto a ajouté 45 autres salles de concert admissibles à cette sous-catégorie d’allégement fiscal, ce qui représente un allégement fiscal estimé à 1,7 M$[8].
  • Les studios d’enregistrement de musique de l’Ontario ont reçu l’autorisation de rouvrir en mai 2020, certaines restrictions liées à la COVID-19 ayant été levées, ce qui a permis un certain retour à la normale pour l’industrie de l’enregistrement de musique. Jusqu’à présent, rien n’indique qu’ils seront à nouveau fermés à mesure que les restrictions seront imposées à nouveau[9].
  • La Event Safety Alliance a publié un guide complet (en anglais seulement) pour aider les professionnels de la planification d’événements et permettre aux salles de rouvrir dans une certaine mesure, alors que la COVID-19 demeure un risque permanent. Entre autres conseils, le guide insiste sur la nécessité de sensibiliser les invités et de mettre en évidence les objets et les zones qui doivent être nettoyés et désinfectés en priorité[10].
  • À cette ère de la COVID‑19, la diffusion en continu en direct devient un élément essentiel pour les artistes du secteur de la musique afin d’augmenter leur audience. Une étude de Chartmetric montre que la diffusion en direct par des artistes populaires garantit pratiquement l’augmentation du nombre d’abonnés en ligne, et que les artistes qui font des apparitions en tant qu’invités dans d’autres diffusions en direct en retirent également des avantages considérables[11].
  • Veuillez consulter le site Web d’Ontario Créatif pour en savoir davantage sur notre plan d’intervention contre la COVID-19.

Taille de l’industrie et impact économique

Les renseignements qui suivent sur les revenus, l’emploi et le marché de consommation doivent être considérés comme un aperçu de l’activité de l’industrie, en fonction des meilleurs renseignements disponibles.

Emploi et salaires

  • En 2018, l’industrie de l’édition musicale et de l’enregistrement sonore en Ontario a généré plus de 4 000 emplois, soit 44,8 % des 8 986 emplois de l’industrie à l’échelle nationale. Ce chiffre est à peu près équivalent au nombre d’emplois générés en 2017[12].
  • En 2017, l’industrie des studios d’enregistrement sonore a dépensé 18,5 M$ en salaires, traitements, commissions et avantages sociaux, et l’industrie de la production et de la distribution de disques, 59,1 M$[13].
  • Une étude réalisée par Circum (en anglais seulement) pour le compte de Music Publishers Canada et de l’Association des professionnels de l’édition musicale révèle que l’emploi a augmenté dans le secteur canadien de l’édition musicale, les entreprises interrogées employant collectivement 213 personnes à temps plein. Cela représente une augmentation de 16 % par rapport aux répondants de 2016, bien que les répondants de 2020 aient indiqué qu’ils n’employaient que 128 personnes en 2015, soit une augmentation de 66 %[14].
  • Les salles de concert sont un énorme moteur de l’emploi dans l’industrie de la musique. Rien qu’à Toronto, les salles de concert représentent l’équivalent de 10 500 emplois à temps plein[15].
  • L’industrie de la musique autochtone est un puissant moteur économique au Canada. En 2018, elle soutenait plus de 3 000 postes à temps plein, bien que seulement 23 % d’entre eux travaillent à temps plein dans l’industrie. Les musiciens autochtones gagnent en moyenne 47 200 $ par an, bien que près de la moitié de ces revenus proviennent de sources non musicales[16].

Revenus et chiffres connexes

  • En 2017, l’Ontario a exporté près de 226 M$ en édition de musique et en enregistrement sonore à l’échelle internationale, soit 11 % de plus que l’année précédente. Cela représentait un peu plus de 60 % des exportations internationales d’édition de musique et d’enregistrement sonore du Canada[17].
  • En 2018, l’édition musicale et l’enregistrement sonore ont généré 384,2 M$ de PIB provincial, soit une hausse de 4,2 % par rapport à 2017. Cela représentait 60,3 % du PIB total canadien provenant de ce secteur, contre 57,8 % l’année précédente[18].
  • Entre 2015 et 2018, le pourcentage de la contribution de l’Ontario au PIB national de l’enregistrement sonore a, en majeure partie, augmenté[19].
Alternative text: Un diagramme en barres illustrant les augmentations du PIB du Canada et de l’Ontario, ainsi que l’évolution du pourcentage du PIB national auquel l’Ontario a contribué. Pour toutes les années sauf 2017, l’augmentation de l’Ontario a dépassé celle du Canada
  • En 2017, l’industrie ontarienne de la production et de la distribution de disques a enregistré des revenus d’exploitation de 432,3 M$, avec une marge opérationnelle de 4,7 %. Par ailleurs, l’industrie des studios d’enregistrement a généré des revenus d’exploitation de 64,9 M$, avec une marge opérationnelle de 14,4 %[20].
  • L’industrie canadienne de la musique a rapporté 1,45 G$ US en 2019. On prévoit que 2020 marquera une baisse considérable de -31,4 % pour atteindre un peu moins d’un milliard de dollars, suivie d’une augmentation spectaculaire au cours des deux années suivantes pour un taux de croissance annuel combiné (TCAC) de 3,12 % de 2019 à 2024. Ce taux est légèrement inférieur au TCAC mondial prévu pour la même période, qui est de 3,51 %[21].
  • Le secteur canadien de l’édition de musique a connu des augmentations régulières, avec une augmentation annuelle moyenne de 8,6 % de 2016 à 2020, avec des revenus de 277 M$ en 2020. La grande majorité de ces revenus (92 %) sont réalisés en Ontario[22].
  • Le marché mondial de la musique a connu une croissance des revenus de 8,2 % en 2019, avec une augmentation de 24,1 % des revenus des services de diffusion en continu payants. Cette croissance a été contrebalancée par une baisse de -5,3 % des revenus de la musique en format physique[23].
  • En 2019, la principale source de revenus à l’échelle mondiale était la diffusion audio en continu par abonnement (42 %), suivie par les ventes de musique en format physique (21,6 %)[24].
A bar chart depicting the GDP increases for Canada and Ontario, as well as the change in what percentage of national GDP Ontario contributed. In all years but 2017, Ontario's increase surpassed Canada's increase.
  • Une étude de Nordicity sur l’écosystème musical de Toronto a révélé que les salles de concert de Toronto contribuent à hauteur de 453,5 M$ au PIB direct, de 200,2 M$ au PIB indirect et de 198,5 M$ au PIB induit, soit une contribution totale au PIB de 638,2 M$[25].
  • La SOCAN a publié des résultats financiers clés pour 2019, indiquant une augmentation de 8,2 % du total des perceptions des créateurs de musique, des éditeurs de musique et des artistes visuels membres, par rapport à 2018. Les perceptions nationales ont augmenté de 10 %, les perceptions internationales de redevances de 2,2 % et les revenus provenant de sources numériques ont augmenté de 37,6 %[26].

Marché des consommateurs

  • En 2019, le Canada était le huitième plus grand marché international de la musique, après les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Corée du Sud et la Chine[27].
  • En 2019, le nombre d’abonnés à la diffusion en continu payante a augmenté de 33,5 % dans plusieurs pays. Quatre-vingt-neuf pour cent des personnes interrogées utilisent des services de diffusion en continu sur demande, la tranche d’âge qui connaît la croissance la plus rapide étant celle des 35-64 ans[28].
  • Vingt-trois pour cent des personnes interrogées dans le monde ont déclaré avoir utilisé des services de piratage de contenu musical et 27 % avaient accédé à de la musique sans licence au cours du mois précédent, ce qui montre que si la diffusion de musique en continu est très populaire, le piratage reste une préoccupation importante. Le piratage de la musique a également augmenté de façon spectaculaire depuis l’avènement de la COVID-19 et des mesures de confinement[29].
  • Vingt-trois pour cent des personnes interrogées dans le monde ont déclaré avoir utilisé des services de piratage de contenu musical et 27 % avaient accédé à de la musique sans licence au cours du mois précédent, ce qui montre que si la diffusion de musique en continu est très populaire, le piratage reste une préoccupation importante. Le piratage de la musique a également augmenté de façon spectaculaire depuis l’avènement de la COVID-19 et du confinement. 
  • La diffusion en continu est en train de remplacer de façon spectaculaire la vente de musique au Canada. En 2019, il y a eu une augmentation de 31,2 % de la diffusion de chansons audio sur demande, et une augmentation de 59,7 % de la diffusion de vidéoclips sur demande. En revanche, on a observé une baisse générale des ventes dans la plupart des formats, notamment les ventes d’albums physiques (-23,3 %), les ventes d’albums numériques (-24,5 %), les ventes de CD (-26 %) et les ventes de pistes numériques (-27,6 %). Le seul format de vente qui a augmenté est celui des ventes de vinyles (2,2 %)[30].

Tendances et enjeux

Cette section donne des renseignements sur les taux de croissance, les tendances et les enjeux émergents pour l’industrie canadienne de la musique. Les principaux enjeux sont les services de diffusion de musique en continu, la diversité, les concerts et les spectacles en ligne.

Taux de croissance et tendances de l’industrie

  • Les concerts en direct sont une composante essentielle de l’écosystème musical canadien. En 2019, les musiciens professionnels canadiens ont passé en moyenne 49 jours en tournée et ont offert en moyenne 96 concerts ou événements en direct au cours d’une année type[31].
  • Le genre musical le plus populaire au monde est la pop, suivie du rock, des vieux succès (oldies), du hip-hop/rap, de la musique de dance/électronique, de la musique indépendante/alternative, de la K-pop, du métal, du R&B et de la musique classique[32].
  • Compte tenu des restrictions imposées par la COVID-19, les salles de concert adoptent des formats virtuels pour les spectacles. À Toronto, un certain nombre de salles populaires et emblématiques diffusent en direct des spectacles de grande qualité à partir de leurs scènes pour les spectateurs qui paient pour voir le spectacle tout en restant chez eux. Il est possible que la diffusion en direct continue d’être populaire après la levée des restrictions liées à la COVID-19, car elle permet aux spectacles de rejoindre un public plus large[33].
  • L’incidence éventuelle des concerts virtuels est importante et le deviendra probablement encore plus à mesure que le monde continuera à devoir composer avec les restrictions liées à la COVID‑19. Un concert de l’artiste Travis Scott dans le jeu vidéo Fortnite a attiré 12 millions de spectateurs simultanés, et Scott a vu sa popularité augmenter de façon spectaculaire sur un certain nombre de services de diffusion de musique en continu[34].
  • Une étude de l’American Music Producers Guild a montré qu’un nombre surprenant de producteurs de musique et d’ingénieurs du son effectuent un travail gratuit, 88 % d’entre eux ayant été sollicités pour travailler gratuitement au cours des trois dernières années, et 71 % effectuant un tel travail pour au moins un client[35].
  • Les applications de musique et les services de diffusion en continu étant devenus progressivement plus populaires au cours des dernières décennies, la prévalence de l’écoute d’albums est en baisse. Une enquête britannique a révélé que la majorité des participants de moins de 25 ans sont plus susceptibles d’organiser leur musique en listes de lecture personnalisées que d’écouter des albums, et 15 % n’ont jamais écouté un album complet[36].
  • Avec la croissance rapide des services de diffusion vidéo en continu, la demande de licences de synchronisation, un format de licence qui permet expressément de faire correspondre la musique sous licence avec les images d’un film, d’une émission de télévision, d’un jeu vidéo, etc. a également augmenté de manière significative[37].

Enjeux au pays et à l’étranger

  • Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a lancé une consultation sur la radio commerciale, afin de déterminer si la réglementation sur le contenu canadien, tant pour la musique que pour les nouvelles, doit être maintenue, diminuée ou augmentée, et si les services de diffusion en continu multinationaux doivent être tenus de contribuer au système[38].
  • Les modifications apportées par la ville de Toronto aux règlements sur le bruit sont une bonne nouvelle pour l’industrie de la musique en direct. Ces nouvelles politiques prévoient des limites quantitatives en décibels pour le son amplifié, ainsi qu’un ajustement du point de mesure pour les niveaux de décibels qui seront désormais mesurés à partir du point où le bruit est entendu, plutôt qu’à partir de la limite de propriété de la source sonore[39].
  • À la suite de l’augmentation de la visibilité du mouvement Black Lives Matter au printemps et à l’été 2020, diverses mesures sont prises par l’industrie de la musique pour lutter contre le racisme systémique[40].
    • Après la naissance du mot-clic #BlackoutTuesday début juin, de nombreuses grandes sociétés de musique se sont engagées à verser des sommes importantes à des organisations caritatives visant à lutter contre le racisme systémique[41].
    • AVANCE, le collectif de professionnels noirs de l’industrie musicale au Canada, a été lancé en juillet 2020 avec pour mandat d’améliorer l’expérience, le traitement et le maintien en poste des personnes noires dans l’industrie musicale canadienne[42].
    • Le groupe de défense américain Black Music Action Coalition (BMAC) a été créé en réponse à cette augmentation du soutien, dans un effort pour tenir les entreprises et les organisations responsables des promesses qu’elles ont faites[43].
    • La BMAC a publié une lettre publique signée par un grand nombre de grands artistes musicaux appelant à un soutien accru des cadres noirs dans l’industrie de la musique, en particulier dans des rôles allant au-delà de la seule musique « urbaine »[44].
  • Spotify continue d’être un acteur majeur de l’industrie musicale internationale, avec un certain nombre de nouveaux développements :
    • Spotify a terminé l’année 2019 avec 124 millions d’abonnés payants et 153 millions d’abonnés gratuits, soit 29 % de plus que fin 2018. Cependant, malgré des revenus en hausse, Spotify a continué à fonctionner avec une perte de 84,8 M$. Les pertes de l’entreprise se sont poursuivies en 2020, bien que la base d’utilisateurs continue d’augmenter[45].
    • Une pétition d’artistes intitulée « Justice to Spotify » a recueilli un grand soutien. La pétition demande que Spotify verse aux musiciens un minimum d’un cent par diffusion, contre un demi-cent ou moins actuellement, en fonction de facteurs tels que la région de l’artiste[46].
    • L’application Spotify pour les artistes a été remaniée à plusieurs reprises. En 2019, elle a été mise à jour pour fournir aux artistes des statistiques d’écoute de leur musique en temps réel. La mise à jour de l’application fournit également des données supplémentaires sur les étapes importantes, telles que les abonnés ou les ajouts de listes de lecture. En 2020, le tableau de bord des artistes a été combiné au tableau de bord des maisons de disques, pour permettre aux maisons de disques et aux distributeurs d’accéder aux profils des artistes et de les gérer[47].
    • Les services de diffusion en continu tels que Spotify peuvent marquer la fin du traditionnel classement des 40 meilleurs artistes. Dans ses résultats du deuxième trimestre de 2020-2021, Spotify a indiqué que son premier niveau (c’est-à-dire les artistes qui se partagent 90 % de la diffusion sur sa plateforme) compte désormais 43 000 artistes[48].
  • Depuis le début de 2020, YouTube met à l’essai une fonction d’« applaudissements », qui permet aux spectateurs de faire un don aux créateurs de contenu directement en cliquant sur un bouton de microtransaction sur une vidéo. Cependant, on ne sait pas encore très bien quelle part de l’argent va directement aux artistes. Cette fonction n’est pas disponible actuellement au Canada[49].
  • Un rapport rédigé pour Éditeurs de Musique du Canada (MPC) par Circum Network Inc fournit un profil des membres des MPC et de l’Association des professionnels de l’édition musicale (en anglais seulement). Entre autres conclusions, le rapport révèle que plus de la moitié des sièges sociaux canadiens des organisations interrogées se trouvent en Ontario[50].
  • Même avant l’avènement de la COVID-19, les salles de concert étaient confrontées à un certain nombre de problèmes, notamment l’augmentation de la valeur des propriétés, l’embourgeoisement et l’évolution démographique des quartiers, l’augmentation des coûts d’assurance, les obstacles à la création de nouvelles salles moins visibles et les difficultés à favoriser le développement des artistes[51].
  • Un certain nombre d’organisations reconnaissent l’importance de fournir un soutien pour permettre aux artistes de musique qui s’identifient comme femmes de réussir. Parmi ces initiatives, on peut citer le Prix Elles de la musique de la SOCAN; le programme de mentorat Girl Connected Music (par Lola Plaku, en partenariat avec le gouvernement canadien et FACTOR); et Keychange, une initiative mondiale en partenariat avec des festivals de musique pour s’engager à la parité des sexes dans leurs programmes d’ici 2022.

Aide de l’État

  • Le gouvernement fédéral canadien a promis 500 M$ pour établir un Fonds d’urgence relatif à la COVID-19 afin de soutenir les organismes chargés de la culture, du patrimoine et du sport touchés par la pandémie. La phase 1 a permis de fournir un complément aux bénéficiaires de divers programmes, dont le Fonds de la musique du Canada (FMC). La phase 2 a permis de financer des organisations professionnelles qui n’avaient peut-être pas été incluses dans la phase 1, dont 20 M$ pour l’industrie de la musique en direct. La phase 2 comprenait également 52,1 M$ pour tous les autres organismes culturels, dont 5 M$ destinés expressément aux studios d’enregistrement sonore et à d’autres organismes du secteur de la musique qui ne sont pas bénéficiaires du FMC[52].
  • Le budget fédéral canadien de 2019, rendu public en mars, a engagé 20 M$ sur deux ans pour le Fonds de la musique du Canada. Cette initiative, ainsi que les fonds du CRTC mentionnés ci‑dessus, se traduira par un total de 40,7 M$ de nouveaux investissements à l’échelle fédérale d’ici la fin d’une période de cinq ans. Un budget complet pour 2020 n’a pas été publié en raison de la COVID-19[53].
  • Le gouvernement fédéral a présenté le projet de loi C-10, qui apporterait des modifications importantes à la Loi sur la radiodiffusion. S’il est adopté, le projet de loi élargira les pouvoirs du CRTC pour lui donner autorité sur les services de vidéo et de musique en ligne en continu, et pour éventuellement exiger qu’il contribue financièrement à la promotion du contenu canadien[54].
  • À l’échelon fédéral, le soutien à l’industrie de l’enregistrement sonore passe par le Fonds de la musique du Canada, administré par le ministère du Patrimoine canadien, ainsi que par le Conseil des Arts du Canada.
  • D’autres organismes et fonds, tels que FACTOR (en anglais seulement), le Radio Starmaker Fund (en anglais seulement) (soutien privé, non gouvernemental) et les conseils des arts provinciaux, dont le Conseil des arts de l’Ontario, offrent divers programmes d’aide à l’industrie canadienne de la musique.
  • Le Fonds ontarien d’investissement dans l’industrie de la musique (FOIIM) est un fonds de 7 M$ administré par Ontario Créatif et conçu pour fournir un développement économique ciblé à l’industrie musicale dynamique et diversifiée de la province. Il soutient les entreprises à fort potentiel de croissance afin d’optimiser le rendement du capital investi et de créer davantage de possibilités pour les artistes émergents d’enregistrer et de se produire en Ontario. Le FOIIM comporte trois volets : Création musicale, Initiatives pour l’industrie de la musique (y compris le sous-volet Développement des marchés internationaux pour les imprésarios) et Promotion des concerts.  

Reconnaissance de l’industrie

L’industrie ontarienne de la musique produit un très grand nombre d’artistes, de maisons de disque et d’événements qui vendent le plus et qui sont acclamés par la critique :

  • Bien que les artistes ontariens n’aient pas reçu de Grammy en 2020, les contributions d’artistes de premier plan tels que Shawn Mendes, Drake et Jessie Reyez ont été récompensées par un certain nombre de nominations.
  • L’Ontario a été bien représenté aux prix Juno de 2020. Parmi les gagnants, on trouve Avril Lavigne pour le Juno du choix du public; Shawn Mendes pour l’artiste de l’année et le single de l’année (Señorita), Loud Luxury pour le groupe de l’année et Alessia Cara pour l’album de l’année et l’album pop de l’année. Parmi les artistes soutenus par le FOIIM qui ont remporté des prix, citons Jessie Reyez, iskwē, REZZ, PUP, Meghan Patrick, Lee Harvey Osmond et The Glorious Sons.
  • Les artistes de l’Ontario ont dominé les nominations de la liste restreinte du prix de musique Polaris 2020, dont Caribou, Jessie Reyez, Lido Pimienta, Pantayo, US Girls et Witch Prophet.
  • Shawn Mendes a remporté cinq prix lors de la remise des prix de la SOCAN de 2020, dont le prix de la chanson internationale, le prix de la réalisation internationale et le prix de l’auteur-compositeur de l’année dans la catégorie des interprètes. L’artiste ontarien Frank Dukes a également remporté le prix de l’auteur-compositeur de l’année dans la catégorie des producteurs. Les artistes et les productions basées en Ontario ont également remporté d’autres prix, notamment Murdoch Mysteries, pour le Prix de la musique pour la télévision nationale.

État au mois de décembre 2020

Notes de fin

1 FYI Staff, « Canadian Heritage Aid For The Music Industry Is Announced », FYI Music News, 8 juillet 2020.

2 Gouvernement du Canada, « Énoncé économique de l’automne de 2020 », Gouvernement du Canada, 30 novembre 2020.

3 David Coletto, Crowded Out, juillet 2020, pp. 4-5.

4 ibid., p. 15.

5 Nordicity, Re:Venues: A Case and Path forward for Toronto’s Live Music Industry, 2020, pp. 6-7.

6 ibid., p.7.

7 Brad Wheeler, « Music venues facing sky-high insurances rates, if they can get a policy at all », The Globe and Mail, 29 octobre 2020.

8 Communiqués, « Toronto City Council approves property tax relief to help sustain live music venues », Toronto, 29 mai 2020; FYI Staff, « Toronto Tax Break To Help Music Venues », FYI Music News, 7 juin 2020; CBC News, « Dozens of Toronto live music venues to get tax break to help ease COVID-19 pressures », CBC, 20 août 2020.

9 Jane Sims, « Column: Sound the trumpets! Recording studios among places that can reopen », The London Free Press, 21 mai 2020.

10 Dylan Smith, « Here’s a 29-Page Guide for Safely Reopening a Music Venue », Digital Music News, 13 mai 2020.

11 Jason Joven, Rutger Ansley Rosenborg et Michelle Yuen, « COVID-19’s Impact On the Global Music Business, Part 3: Live Streaming Artists », Hypebot, 29 mai 2020.

12 Statistique Canada, Tableau 36-10-0452-01 – Les indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, par province et territoire, perspective du produit(consulté le 23 octobre 2020).

13 Statistique Canada, Tableau 21-10-0055-01 – Enregistrement sonore et édition de musique, statistiques sommaires (consulté le 19 juin 2019).

14 Circum, Profile of Members of MPC and APEM, 2020, juillet 2020, p. 12.

15 Nordicity, Re:Venues : A Case and Path forward for Toronto’s Live Music Industry, 2020, p. 6.

16 APTN, Étude nationale sur l’impact de la musique autochtone, 2019, pp. 5, 7.

17 Statistique Canada, Tableau 12-10-0116-01 – Commerce international et interprovincial de produits de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, provinces et territoires (x 1 000 000) (consulté le 19 juin 2019).

18 Statistique Canada, Tableau 36-10-0452-01 – Les indicateurs de la culture et du sport par domaine et sous-domaine, par province et territoire, perspective du produit (x 1 000) (consulté le 23 octobre 2020).

19 ibid.

20 Statistique Canada, Tableau 21-10-0055-01 – Enregistrement sonore et édition de musique, statistiques sommaires (consulté le 19 juin 2019).

21 PWC, Global Entertainment & Media Outlook 2020-2024 – Canada, 2020; PWC, Global Entertainment & Media Outlook 2020-2024 – « Global Music, radio and podcasts », 2020.

22 Circum, Profile of Members of MPC and APEM, 2020, juillet 2020, pp. iii, 7.

23 ifpi, ifpi Global Music Report 2020 – The Industry in 2019, 2019, p. 6.

24 ibid., p. 13.

25 Nordicity, Re:Venues: A Case and Path forward for Toronto’s Live Music Industry, 2020, p. 6.

26 External Source, « SOCAN Releases 2019 Annual Report », FYI Music News, 4 novembre 2020.

27 ifpi, ifpi Global Music Report 2020 – The Industry in 2019, 2019, p. 13.

28 Ibid., p. 6; ifpi, Music Listening 2019, 2019, pp. 6-7.

29 Ibid., p. 21; Dylan Smith, « Music Piracy Has Spiked Since Coronavirus Lockdowns, Early Data Shows », Digital Music News, 27 avril 2020.

30 External sources, « By the Numbers: Canada 2019 Year End Music Report », FYI Music News, 9 janvier 2020.

31 David Coletto, Crowded Out, juillet 2020, p. 6.

32 ifpi, Music Listening 2019, 2019, p. 15.

33 Richard Trapunski, « Toronto’s music venues are coming back to life – virtually », NOW, 29 septembre 2020.

34 Ashley King, « Virtual Converts Significantly Boost Music Streams – Here’s Proof », Digital Music News, 28 avril 2020.

35 Ashley King, « 71% of Producers & Sound Engineers Have Worked for Free In the Past 3 Years, Report Finds », Digital Music News, 30 septembre 2019.

36 Ashley King, « Are Albums Dying? – 15% of Music Fans Under 25 Have Never Listened to a Full Album », Digital Music News, 4 octobre 2019.

37 Paul Resnikoff, « What Is Sync Licensing? A Look at One of the Music Industry’s Fastest-Growing Sectors », Digital Music News, 30 janvier 2020.

38 Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, « Faites part de votre avis et de vos idées sur vos habitudes d’écoute, vos besoins et vos intérêts concernant la radio », Gouvernement du Canada, 12 novembre 2020.

39 Music Canada, « New Noise Bylaw illustrates City of Toronto’s commitment to supporting a vibrant music ecosystem through clear, objective standards », Music Canada, 4 octobre 2019.

40 Ben Sisario, « The music industry is wrestling with race. Here’s what it has promised. », The Toronto Star, 4 juillet 2020.

41 ibid.

42 Music Ontario, « ADVANCE, Canada’s Black Music Business Collective Launches », Music Ontario, 13 juillet 2020.

43 Ben Sisario, « The music industry is wrestling with race. Here’s what it has promised. », The Toronto Star, 4 juillet 2020.

44 ibid.

45 Marsha Sliva, « Spotify Reaches 124 Million Premium Subscribers – But Quarterly Losses Top $85 Million », Digital Music News, 5 février 2020; Georg Szalai, « Spotify Hits 138 Million Paid, 299 Million Total Users », The Hollywood Reporter, 29 juillet 2020.

46 Dylan Smith, « More thatn 9,000 Artists Demand 1 Cent-Per-Stream Minimums from Spotify », Digital Music News, 27 october 2020; Dylan Smith, « How Much Does Spotify Pay Per Stream? Here’s the Latest Data », Digital Music News, 17 août 2020.

47 Ashley King, « Spotify for Artists Gets an Overhaul – Now Shows Real-Time Listening Stats », Digital Music News, 24 septembre 2019; Ashley King, « Spotify Combines Artist and Label Analytics Dashboards – New Interface Launches », Digital Music News, 18 mai 2020.

48 Tim Ingham, « Spotify thinks the top 30 is over (and other key takeaways from its Q2 results) », Music Business Worldwide, 29 juillet 2020.

49 Ashley King, « YouTube Is Testing ‘Applause,’ a Way for Viewers to Directly Donate to Creators », Digital Music News, 11 février 2020.

50 Circum, Profile of Members of MPC and APEM, 2020, juillet 2020, p. 7.

51 Nordicity, Re:Venues : A Case and Path forward for Toronto’s Live Music Industry, 2020, p. 6.

52 Gouvernement du Canada, Portrait économique et budgétaire 2020, août 2020, p. 109; Gouvernement du Canada, « Foire aux questions – Fonds d’urgence relatif à la COVID-19 pour soutenir les organismes chargés de la culture, du patrimoine et du sport », Gouvernement du Canada, 2 octobre 2020.

53 Elise Roiron, « Today’s Federal Budget Amps Up Support for Canadian Music », Canadian Independent Music Association (CIMA), 19 mars 2019.

54 Bill Curry et Janice Dickson, « Broadcasting bill targets online streaming services », The Globe and Mail, 3 novembre 2020.